Musée d'ethnographie de Neuchâtel

III.C.2977
Sculpture: "léopard dévorant un Anglais"

Sculpture en bois représentant un léopard qui s’apprête à dévorer un anglais, selon les informations données par Henri Alexandre Junod qui a vendu la pièce au musée. L’animal debout a les deux pattes avant posées sur les épaules d’un homme couché, les genoux fléchis. L’homme habillé d’une veste noire regarde l’animal en face, à la hauteur de sa tête. Les yeux du léopard et de sa victime sont représentés par des cercles noirs ceint par une rainure circulaire gravée ; le nez du personnage est de forme triangulaire et l’arrêt nasale est aiguisée. Les taches de la fourrure du léopard ainsi que les habits et la coiffure du personnage sont noircis au feu. La queue du léopard est amovible et une cavité, fermée par une pièce de bois est creusée sous son abdomen. La joue gauche de l’homme couché et l’oreille gauche du félin sont marqués par des fissures dans le bois.

Cette œuvre du sculpteur Mouhlati a été acquise par Junod en 1896, dans les environs de Lourenço Marques [actuellement Maputo] et vendu au musée en 1899. Sur place, Junod a payé cette pièce 1 guinée.

« Mais le plus bel objet d'art indigène que j'aie jamais vu, c'est un tigre monumental (ou plutôt une panthère) en train de dévorer un individu, œuvre de Mouhlati, sculpteur des environs de Lourenço Marques [actuellement Maputo]. Cet artiste, qui était très fier de son ouvrage et qui en réclamait un prix assez élevé, prétendait être capable de sculpter tout au monde, des oiseaux, des animaux à quatre pattes, des gens. Il était renommé dans le pays pour son habileté. Rien de naïf comme cette grosse bête tachetée (les taches sont obtenues comme toujours en brûlant le bois avec un fer rouge), plantant ses griffes dans les chairs d’un homme (un Anglais, à ce que m'a dit l'auteur... inspiré de ce groupe !) et le regardant de ses gros yeux ronds pas très symétriques ! Par une précaution touchante, ce nouveau Phidias a rendu la moitié postérieure de la queue indépendante du reste de la bête. Un tenon et une mortaise circulaires permettent d'ajuster l'appendice caudal. Ils s'adaptent si bien que le point de jonction est presque invisible. Mouhlati m'a raconté comment l'idée de cette queue démontable lui était venue. Il a songé que, si son œuvre ne devait jamais être emballée et traverser les mers, on pourrait l'introduire plus aisément dans une caisse. » Texte repris avec une petite correction stylistique et privé de la dernière phrase dans Henri A. JUNOD. 1936. Mœurs et coutumes des Bantous: la vie d’une tribu sud-africaine, II. Paris: Payot: 117-118

Catégorie(s) STATUE
Vernaculaire yingoué
Ethnie(s) Provenance:THONGA
Matière(s) BOIS
Technique(s) de fabrication SCULPTURE
Domaine(s) ART
Lieu(x) Provenance: AFRIQUE > MOZAMBIQUE > Maputo
Authenticité TOURISTIQUE
Etat BON
Poids Gramme(s)
14150
Dimensions Centimètre(s)
Longeur: 121
Largeur: 21.5
Hauteur: 32
Autre dim.: L. queue démontée: 90
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