Musée d'ethnographie de Neuchâtel
92.27.24
Harpe
Corps de résonance fait d'une demi-calebasse. Table d'harmonie en peau (vache?), dont les rabats enserrent l'entier du corps. Nombreuses coutures au dos. Ouïe hémisphérique dans la zone où le manche rejoint la calebasse et s'appuie contre elle. La table est ornée de motifs peints en rouge. Jean Gabus les analyse ainsi : "c'est d'abord à la périphérie, une série de 'wa' fixés à la pointe d'un triangle - waw viril et triangles sous-pubiens - en au centre, de chaque côté d'un bâtonnet de fixation, deux signes bénéfiques: des svastikas. Ce sont des svastika légèrement différentes du symbole religieux hindou, puisque dans ce cas là, les extrémités des branches de la crois sont recourbées à gauche et non à droite (bien qu'il y ait des exceptions indiennes à cette règle). Ces motifs et leurs dérivés sont moins fréquent que la croix dans les arts maures. Les artisans les considèrent comme des signes bénéfiques" (Au Sahara, arts et symboles, 1958:68).
Pour en finir avec la description, manche droit, de section ronde qui est simplement posé contre la calebasse (appui en biais, au fond et sur le bord dans la zone ajourée) et maintenu par une travers perpendiculaire en bois, brochée dans la table et qui sert également de cordier. Au sommet, bague en cuivre. Sur le côté droit (face au manche), dix chevilles ouvragées, teintes en noir, qui maintiennent dix cordes en ficelle. A l'autre extrémité, les cordes sont attachées au cordier, en trois points (2-4-4). Entre le cordier et la table, sont encore glissées deux sonnailles ouvragées, en aluminium et en cuivre (deux doubles disques réunis par une traverse, munis d'anneaux vibrants sur le pourtour).
Dans le rapport Bibliothèques & Musées (1992: 135), mention indirecte en tant qu'enregistrements différés provenant de la Mission Maroc-Mauritanie (1950-51)".
Actuellement pas de dossier collection (il existe néanmoins de volumineuses archives relatives à cette mission, qui doivent encore être dépouillées et analysées).
Dans "Au Sahara, arts et symboles" (1958:68), Jean Gabus évoque l'objet comme une "harpe ârdîne, instrument réservé exclusivement aux femmes et qui appartenait, dans le cas particulier, au groupe de griots des Oulad Ahmed min Deman (Trarza)".
A noter que l'instrument apparaît sur deux dessins de Hans Erni, qui accompagnait Gabus lors de cette mission (72.13.144; 72.13.147).
Il apparaît également sur deux photos prises par Jean Gabus (MEN P. 1951.22.258 et MEN P.1951.7.80). Enfin, sans pouvoir garantir que le musicienne joue bien sur l'instrument en question, Gabus a enregistré des performances de harpe ardin (cf notamment GA50.11).
De manière plus générale, selon le Grove Dictionary (1984, vol.1, p.71), un "ardin" est "arched harp played by the Moorish women of Mauritania [...] The ardin is used to accompany solo singing, usually by women (sometimes two harps accompany two women singers".
| Catégorie(s) | HARPE |
| Vernaculaire | ardin |
| Ethnie(s) | Provenance:MAURE |
| Matière(s) | CALEBASSE - BOIS - CUIR |
| Domaine(s) | MUSIQUE |
| Lieu(x) | Provenance: AFRIQUE > MAURITANIE > Trarza |
| Etat | BON |
| Dimensions |
Centimètre(s) Longueur: 102 Largeur: 36 Hauteur: 34 Autre dim.: Long. du manche; diam. de la caisse de résonance |
| Musée | Musée d'ethnographie de Neuchâtel |
| 4, Rue St-Nicolas - 2000 Neuchâtel - Suisse Tél. +41 (0)32 717 85 60 Fax. +41 (0)32 717 85 69 secretariat.men@ne.ch www.men.ch |