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Liste des objets
| Abaque | **** | Inventaire CDM: [X] 10. Livret chinois. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 livret chinois» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Etiquette «No X 10 // Livret Chinois».
Cadre rectangulaire de bois brun avec fond, divisé en deux parties inégales, supérieure et inférieure, par une baguette. Ce boulier comporte 13 bâtonnets sur chacun desquels coulissent 2 et 5 graines lenticulaires beiges, de part et d'autre du barrage.
La première rangée de boules à partir de la droite indique les unités, la deuxième indique les dizaines, la troisième, les centaines, etc. Chacune des boules de la partie supérieure a une valeur de cinq unités, chacune de celles de la partie inférieure a une valeur d'unité. Le calcul s'opère en base cinq.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44 (avec la cote erronée II.B.333); BRELET-REUFF 1977: 169-72. |
| Angklung | **** | Tube de bambou horizontal, percé de trois ouvertures rectangulaires et supportant perpendiculairement un châssis de bambou sur lequel sont suspendus verticalement deux sections de tubes de bambou. Le cadre est constitué de quatre montants verticaux et de deux barres horizontales, la supérieure réunissant quatre montants, l'inférieure trois seulement. Les deux montants du milieu sont prolongés par des tiges attachées par des ligatures se terminant par des flocs de fibres végétales; les deux montants externes sont cassés à la partie supérieure et celui de droite également à sa partie inférieure.
Les tubes de bambou verticaux, partiellement échancrés sur un côté et fermés par un noeud à la base, sont pourvus d'une perforation leur permettant d'être suspendus sur l'une ou l'autre baguette horizontale. Le premier espace ne comporte aucun tube -- normalement le plus petit -- pour lequel n'existe pas de barre de suspension spécifique. Le tube suivant est intact. Le plus gros est fendu et présente une perforation supérieure non utilisée.
Guidés par des protubérances, les tubes coulissent dans les échancrures du bambou horizontal qui sert de résonateur. En principe accordés à l'octave, ils émettent un son lorsque le cadre est animé d'un mouvement de va-et-vient et que les protubérances viennent buter à l'extrémité des gorges. Il est nécessaire de disposer de 9 ou 6 «angklung» pour former un orchestre. Ici, seul sonne le plus petit des tubes existants.
Des réparations et des modifications ont dû intervenir.
Inventaire Charles-Daniel de Meuron: (1795) [X] 21. Instrument de musique des indiens, /de l'Isle de/ Java, en bois. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 instrument de musique fait avec des Bambous» à laquelle correspond une étiquette précisant «Brésil» où a été rajouté, tardivement et à tort, d'une autre main «Don de Mr Hri Borel», puis, plus tard encore, au crayon «Angklung, instrument de guerre»; l'identification «Anklung Java» est reprise de cette même main sur le plus grand tuyau. Se retrouve dans la liste de 1890, parmi les objets du Brésil «? [anonyme] 1 Instrument de musique formé d'un cadre sur lequel sont posées des flûtes en bambou [Fr] 5.-» |
| Arc | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «2. Arcs de Canadiens» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Pas d'étiquette mais le registre du MEN précise «EE 27» et une trace très nette subsiste sur la face interne. Exposé en 1967.
Lame de bois rougeâtre presque plate à veines fines, avec deux encoches aux deux extrémités. Les deux pointes sont taillées alternativement sur l'un et l'autre côté. Il est recouvert d'une patine foncée. La corde manque.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 45.
Une pièce ressemblante, qui mesure 9 cm de plus (Inv. Am.689), se trouve à Göttingen (examen du 13 septembre 1994). |
| Baguette de tabou | **** | N'est pas repérable dans la liste de 1834 -- mais peut être la «pointe de Sagayes.» égarée dans «1. Carquois en bois, contenant / 38. Flèches empoisonnées. et une pointe de Sagayes.» --, ni dans celle de 1890.
Pas d'étiquette; appartenance possible à la série EE.
Localisé en janvier 1988.
Lame tétraédrique en bois brun rouge devenant ronde en s'amincissant. Gaînée d'une peau (de chien) en mauvais état serrée par une couture de fine cordelette et maintenue par un enroulement de fibres végétales, «olona» (Touchardia latifolia). Dans cet exemplaire, tout poil de queue de chien blanc ou plumes d'oiseau «i iwi» (Vestiaria coccinea) ou «o o» (Moho braccatus) -- comme dans l'exemplaire, plus long, de Saint Pétersbourg -- a disparu à la jonction de la lame et de la pointe.
Dans la littérature, les baguettes de tabou sont soit ignorées, soit portent une fausse appellation telle que baguette de danse, ou ornement de tête, ou «Pahn» (poignard). Citées par le capitaine King comme «des baguettes, garnies de poil de chien, à l'une des extrémités», elles étaient utilisées pour désigner un endroit taboué, c'est-à-dire un signe d'interdiction qui, planté dans le sol, prescrivait une limite aux gens, sorte d'interdit religieux auquel est donné le nom de «Taboo» qui permet de consacrer un lieu en établissant des baguettes autour.
Il décrit ainsi les cérémonies pratiquées au débarquement du capitaine Cook dans la baie de Kealakekua («Karakatooa»), le 17 janvier 1779: «Nous débarquâmes sur la greve, & nous fûmes reçus par quatre hommes qui portoient des baguettes, garnies de poils de chiens, à l'une des extrémités; ils marchèrent devant nous, en déclamant à haute voix, une phrase très-courte, dans laquelle nous ne distinguâmes que le mot Orono. La foule, qui s'étoit rassemblée sur le rivage, se retira, dès qu'elle nous vit approcher» (COOK et KING 1785: III: 467-8). Il ne précise toutefois pas la façon dont les baguettes étaient tenues.
Réf. KAEPPLER 1978a: 81-2 (ill. 108 et 109-10); KAEPPLER 1978b: 12 (ill. 25). A. Kaeppler ne recense que 7 baguettes provenant du 3e voyage de Cook qui appartiennent à des collections publiques dans le monde, dont 4 (Inv. Nr. 156-159) au Musée d'ethnographie de Vienne, 1 (N° 505-6) à la Kunstkammer à Saint-Pétersbourg qui accueillit en 1780 la collection donnée par le capitaine Clerke au major Magnus Behm, gouverneur du Kamchatka, 1 (No 3505) au Cumming Museum à Londres et 1 (Inv. Oz.245) décrite comme chasse-mouches ou manche de chasse-mouches à Göttingen, plate, lisse et dépourvue de plumes (communication orale de M. G. Krüger du 15 décembre 1994).
L'une de celle de Vienne (Nr. 156), légèrement mieux conservée (quelques poils ont subsisté sur la gaine, de même que des traces d'une décoration de plumes), qui mesure 55 cm, est très semblable: elle a une même section mais le bois est plus foncé; les autres ont une lame aplatie (examen du 15 avril 1994; lettre de Mme Gabriele Weiss du 11 juillet 1994). |
| Balance et étui | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Balance dans un étui» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette mais traces de grattage sur l'étui inférieur; appartenance possible à la série DD.
Fléau en ivoire, marqué de fines graduations pointillées et de trois fils noirs terminés par un mouchet rouge. Plateau et contrepoids en laiton.
L'étui est taillé dans du bambou, fixé à l'extrémité par un rivet de laiton et pourvu d'une bague coulissante de fin rotin tressé. Inscription en chinois sur l'étui supérieur signifiant «or», c'est-à-dire «monnaie» (voir détail).
De telles balances sont souvent dites «à opium» mais devaient servir pour peser l'argent; elles faisaient peut-être partie des instruments de pharmacie.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Boîte à compartiments | **** | Inventaire CDM: [X] 7. Ecrain en bois noir. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Boite chinoise pour les couleurs ? (x 7)» mais manque dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
Boîte pyramidale formée de quatre compartiments superposés en bois noir et d'un couvercle. Les compartiments, creusés chacun de 2 x 4 cupules séparées par de plus petites -- décoratives --, coulissent les uns sur les autres. Leurs bords sont moulurés et décorés d'entailles. Une arête latérale du couvercle est détériorée.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Bouclier | **** | Se retrouve vraisemblablement dans la liste de 1834 parmi les «2. Ecus 1. garni en acier 1. en cuir uniquement» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Etiquette «No [E]E 4 // Ecu, / en Cuir.».
Cuir laqué, bombé et circulaire, avec rebord vers l'extérieur. Au centre, quatre boutons en fer aboutissent, à l'intérieur, à des oeillets. Deux poignées en fibres de coco entourées de ficelle sont fixées l'une aux deux œillets supérieurs, l'autre aux deux oeillets inférieurs par l'intermédiaire d'anneaux en fer, rouillés.
Deux grosses perforations non d'origine laissent passer une sangle de suspension près de laquelle, à l'intérieur, a subsisté un petit fragment d'étiquette; deux trous de clous. |
| Carquois | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Carquois en cuir dit des Chinois contenant / 15. flèches.» et dans les carnets de 1890 à propos de la vitrine de Chine & Japon: «Gl Meuron 1 Carquois chinois avec flèches [F] 25.--». Etiquettes «Carquois chinois» d'un côté et «EE 23 // Carquois / en cuir, des / chinois» de l'autre.
Des flèches se sont perdues; déjà, lors du pointage de la fin du siècle passé, il a été porté en marge «13».
Chine ou Asie centrale (?), XVIIe siècle.
Cuir rouge uni, doublé d'un côté d'une applique de cuir brun rouge ornée de trois motifs floraux au repoussé; le revers porte encore une lanière de cuir avec des parties de tissu; le fond, en cuir également, est rapporté; un pompon de fibres noires est fixé à l'angle supérieur.
Il ne comporte plus que cinq flèches actuellement, toutes à encoche. Trois sont en bois, peint en orange ou en vert, et doré, la hampe pourvue de trois plumes et d'une pointe de fer en obus à soie, qui manque dans la troisième; les deux autres sont en roseau non peint, la hampe pourvue de deux et de trois plumes et d'une pointe de fer losangique à douille, très épaisse et comportant une arête médiane; la seconde est fendue et cassée.
Réf. Publié dans VAN GENNEP 1914: 38, fig. 39 à gauche en haut. A comparer avec le «Carquois des Tartares» (Inv. 1943, no 162) -- qui est un archais, «La forme découpée, indiquant qu'il s'agit en fait d'un étui destiné à protéger l'arc, et non à recevoir des flèches, se retrouve aussi en Turquie. Cet étui se portait au côté gauche de la ceinture du cavalier.» --, ainsi qu'avec l'arc courbe (Inv. 1943, no 156) du Cabinet de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (ZEHNACKER et PETIT 1989: 83-5). Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve un carquois turc de forme identique (Inv. C 5) (SCHNAPPER 1988: 286, note 201 et fig. 65). Voir aussi le tableau Beim Raritäten-Handler de Cornelis de Man (HUSSON 1989: 15); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Chimère ou "Jenny Haniver" | **** | Inventaire CDM: "[ F ] 15. 1 Dragon voland." Manque dans la liste de 1834 mais a pu être remis plus tard par Louis Coulon et n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Etiquette «No F 15 // Le Dragon». La cote en recouvre une plus ancienne: «No 36».
Fabriquée à partir d'un corps de raie déformé, empaillé et affublé de deux nageoires collées et fixées chacune à l'aide de deux pointes en fer, rouillées.
De tous les animaux fantastiques, de tous les monstres créés de main d'homme, les «dragons» sont sans doute ceux dont le succès populaire a duré le plus longtemps, puisqu'ils sont attestés dès la Renaissance.
Conrad Gesner, qui en apporte l'une des premières images dans son Historia animalium (1560: 139) et montre un esprit critique, «accompagne cette gravure d'un commentaire expliquant ce qui a été fait au poisson et mettant en garde les gens trop crédules: ils ne doivent absolument pas acheter un tel monstre et encore moins en donner un prix élevé. [...] Gesner fait une distinction très nette entre les "dragons" et les "serpents volants"; il donne une image de ces derniers prouvant qu'un petit lézard tropical de Java était alors connu en Europe, mais non identifié. [...] Il s'agissait du Draco volans, lézard javanais qui vit dans les arbres.» (LEY 1971: 196, 198-9).
Une telle mystification existait dans le cabinet des Gagnebin à La Ferrière avant 1765: «Draco ou dragon factice fait avec une raie. Jonst. t. 12. fig 1.B» ([GAGNEBIN] [1765 ?]: 4). Jan Jonston, dans son ouvrage sur les poissons (1649), illustre une «Raia exiccata et concinnata ad formam», planche XII, qu'il reprend dans celui sur les serpents (1653), en la faisant précéder d'un «Draco ex Raia effictus Aldrou [Aldrovandi]», planche XII également.
Elle figure encore dans le Traité général des pesches de Duhamel du Monceau, 1769-1782, dans le catalogue de George Humphrey paru à Londres en 1797, il s'en vendit durant tout le XIXe siècle et il était même possible de s'en procurer dans la première moitié du suivant (DANCE 1978: 19-32, 123).
Valmont de Bomare, dans l'article Lézard volant déclare, s'appuyant sur Linné et Seba, que: «toutes les autres especes de dragon volant, décrites par différens Auteurs, sont fabuleuses» et que tel «de ces prétendus dragons [...] n'étoit autre chose qu'une production de l'art, mais travaillée avec tant d'industrie, qu'elle sembloit être l'ouvrage de la Nature.» (1791: VII: 589-91).
Réf. Exemplaire du Rijksmuseum d'histoire naturelle de Leyde (DANCE 1978: 26). |
| Cruche | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Vase fabriqué aux indes, en terre ouvragée» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Etiquette «N.o BB 2. // Vase fabriqué / dans l'Inde».
Inde (?).
Terre rouge, surchargée d'un décor végétal et floral appliqué en relief vraisemblablement selon une technique à la barbotine et pourvu de deux anses. |
| Disque lenticulaire | **** | Manque dans la liste de 1834 et dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
Reconnu le 10 juillet 1995, par comparaison avec la pièce grise, étiquetée «D 32», qui se trouve dans la vitrine de gauche de la Grande Rochette; elle présente la même fixation que l'œuf 95.1.13 et a un secteur qui part en cristaux (visite du 4 juillet 1995).
Inde ?
Lentille biconvexe à bord épais (4 à 5 mm) en calcite -- le registre du MEN indique «pendentif (?)» en «onyx» -- jaune, blanche et violette, pourvue d'une petite broche de fixation à virole lisse et anneau torsadé en laiton. Deux petits manques sur le pourtour. |
| Disque lenticulaire | **** | Manque dans la liste de 1834 et dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
Reconnu le 10 juillet 1995, par comparaison avec la pièce grise, étiquetée «D 32», qui se trouve dans la vitrine de gauche de la Grande Rochette; elle présente la même fixation que l'oeuf 95.1.13 et a un secteur qui part en cristaux (visite du 4 juillet 1995).
Inde ?
Lentille biconvexe à bord épais (4 à 5 mm) en calcite -- le registre du MEN indique «pendentif (?)» en «onyx» -- jaune, blanche et violette, pourvue d'une petite broche de fixation à virole lisse et anneau torsadé en laiton.
Trois disques lenticulaires
Manquent dans la liste de 1834 et dans celle de 1890.
Pas d'étiquette.
Reconnus le 10 juillet 1995, par comparaison avec la pièce grise, étiquetée «D 32», qui se trouve dans la vitrine de gauche de la Grande Rochette; elle présente la même fixation que l'oeuf 95.1.13 et a un secteur qui part en cristaux (visite du 4 juillet 1995). |
| Disque lenticulaire | **** | Manque dans la liste de 1834 et dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
Reconnu le 10 juillet 1995, par comparaison avec la pièce grise, étiquetée «D 32», qui se trouve dans la vitrine de gauche de la Grande Rochette; elle présente la même fixation que l'œuf 95.1.13 et a un secteur qui part en cristaux (visite du 4 juillet 1995).
Inde ?
Lentille biconvexe à bord épais (4 à 5 mm) en calcite -- le registre du MEN indique «pendentif (?)» en «onyx» -- grise et blanche, pourvue d'une petite broche de fixation à virole lisse et anneau torsadé en laiton. |
| Echantillon de tapa | **** | Pas d'étiquette. L'échantillon provient manifestement de la même pièce que MEN V.508.
Etoffe d'écorce battue, à décor de lignes ondulées et de points formant des triangles disposés en chevrons, en noir et rouge sur fond blanc. Un rapiéçage d'origine.
A des chances de provenir du 3e voyage de James Cook.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Réf. Illustré dans VAN GENNEP 1914: 27, fig. 28. BRIGHAM 1911: pl. T3. |
| Ecritoire | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Ecritoire en cuivre» et dans les carnets de 1890 qui relève dans l'armoire (no 3) de l'Inde «Genl. Meuron 1 Ecritoire arabe en cuivre ou laiton en usage en Inde. [f] 5.-». Pas d'étiquette; appartenance possible à la série DD.
Plumier et encrier de type ottoman en laiton noirci, en usage en Inde. Le couvercle du porte-plumes manque. |
| Eventail ornemental | **** | IMAGE A RETOURNER H/B. Inventaire CDM: [X] 19 Eventail de l'Isle de Madegascar. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Eventail de Madagascar» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Ce qui restait d'étiquette a malencontreusement été enlevé lors de l'enregistrement différé en 1969.
Reconnu en 1969; exposé depuis 1978; réidentifié en janvier 1988.
De forme rectangulaire, en vannerie à armure diagonale (1 pris 2 sautés), avec des éléments de soutien (bâti). La partie tressée dessine des côtes et est bordée dans le haut de deux lignes transversales. La base et le manche sont richement décorés de cordelettes de cheveux humains et de fibres de cocotier à deux brins, en partie manquantes sur la poignée. Il est, sinon, en assez bon état.
Selon Kaeppler (1978a: 102), les éventails collectés lors du voyage de Cook sont rares. Trois styles ont été isolés mais seul un exemplaire de chaque peut être repéré -- en réalité, le troisième, en pandanus, à Göttingen (Oz 140), ne provient ni de Cook ni de Hawaii, mais de la collection C. A. Pöhl 1882 et de Tonga (lettre de M. Gundolf Krüger du 17 juillet 1995). Restent donc les éventails à plumes, à Saint-Pétersbourg (No 505-4) et en vannerie, à Vienne (Inv. Nr. 142) (lettre de Mme Gabriele Weiss du 11 ¿ juillet 1995; Göttingen en posséda néanmoins aussi un en vannerie fourni en 1782 par Humphrey (N. 188) et cédé en 1851 au musée provincial de Hannover où il porte toujours le numéro d'inventaire «Hannover 15» (lettre de M. Gundolf Krüger du 17 juillet 1995).
Le présent exemplaire appartient au deuxième type; de construction analogue à celui de Vienne, il est de tressage moins complexe, plus petit de 15 pourcents, mais un peu plus riche dans le décor en même temps que plus détérioré au bout du manche.
Il était à l'usage des chefs.
Réf. BUCK 1957: 138-40 (fig. 93 c); KAEPPLER 1978a: 101 (reproduction en couleurs, ill. 158), 102. Le British Museum (Museum of Mankind) possède 4 éventails plus allongés mais semblables provenant du voyage ultérieur de George Vancouver (examen du 22 octobre 1993). |
| Fibres de figuier | **** | Inventaire CDM: [X] 25 Ecorce d'arbres, dont les habitans d'Ota-Ity font leurs étoffes. Se retrouvent dans la liste de 1834 parmi «3 Paquets de filaments divers» mais ne sont pas repérables dans celle de 1890.
Etiquette «No X 25 // Ecorce dont on fait des / Etoffes à Ota Ity».
Reconnues en 1978 et exposées depuis lors.
Hawaii, Tahiti ou Tonga (?).
Filaments végétaux jaunis par le temps, pouvant provenir de diverses régions de Polynésie.
L'analyse microscopique et la comparaison excluent Formium tenax et permettent de rattacher cet échantillon à la famille des Moracées -- dont certaines servent à fabriquer des tapas -- et il semble probable que les fibres proviennent «d'un arbre tropical appartenant au genre Ficus (figuier)» sans que l'espèce puisse être précisée (KRÄHENBÜHL 1995: 145).
Réf. Publié dans KRÄHENBÜHL 1995: 142-6; KAEPPLER 1978a: 175.
Avant que l'analyse ne donne un début de résultat, de nombreuses comparaisons n'avaient abouti qu'à la négative. Le British Museum (Museum of Mankind) possède un «Bundle of dona fibre» (HAW.56) dont l'origine Cook n'est pas assurée. Mme Jill Hasell (communication orale du 22 octobre 1993) suggère qu'elles pourraient servir à tresser des cordes; ce même musée a du reste un catalogue manuscrit d'échantillons textiles comprenant des cordelettes. Le musée de Berne (examen du 5 août 1994) conserve un échantillon de «Formium tenax ou lin de Nouvelle-Zélande» (NS 1, ex-Fr 29), celui de Göttingen plusieurs (examen du 13 septembre 1994), celui de Wörlitz deux (examen du 14 septembre 1994) et celui de Herrnhut (examen du 16 septembre 1994) un sous la forme d'une poignée de filasse originellement décrite comme «4 Stränge Neuseeländischer Hanf, woraus die vorigen beydn Stücke [Matten, i.e. pagnes] gemacht sind» (Catalogus-Nummer: 263 Inventarnummer: 68687) reconnue comme «neuseeländischer Flachs [Formium tenax], Neuseeland» (AUGUSTIN 1993: 121-2; 154, ill. 40). |
| Figurine | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «2. Magots en porcelaine» et dans les carnets de 1890 pour la vitrine de Chine & Japon «Gl. Meuron 2 Magots chinois montés sur un lion [F] 80.-». Etiquette «[N].o AA 8. // Magot Chin[ois.]»
Epoque Qianlong (1736-1795) (?)
Porcelaine peinte en bleu, rouge et noir avec des touches de vert et de jaune, représentant un Baxian (Pa-sien) monté en amazone sur un dragon; il tient un emblème de la main gauche. La corne droite du dragon est cassée. Sous la pièce figure une inscription presque effacée à la plume: «Les deux / +++ . ++» qui est peut-être une indication de prix.
Les Baxian, immortels vénérés par les taoïstes, sont au nombre de huit.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96 (en haut à droite); LAHMANI 1980: I: 90; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Figurine | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «2. Magots en porcelaine» et dans les carnets de 1890 pour la vitrine de Chine & Japon «Gl. Meuron 2 Magots chinois montés sur un lion [F] 80.-». Etiquette «N.o AA 8. // Magot Chinois.»
Epoque Qianlong (1736-1795) (?).
Porcelaine peinte en bleu, rouge et noir, avec des touches de vert et de jaune, représentant un Baxian (Pa-sien) monté en amazone sur un dragon; il tient un orgue à bouche «sheng» de la main droite. La corne droite du dragon est cassée.
Les Baxian, immortels vénérés par les taoïstes, sont au nombre de huit.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96 (en haut à droite); LAHMANI 1980: I: 90; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Figurine | **** | Inventaire CDM: [X] 33 Un vieillard en bois, habillé en coquilles et en nacre. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Homme portant un sac en coquillages» et dans celle de 1890 qui précise -- à tort -- «Madlle Presset Julie [lire Elise] 1 Figurine représentant un pêcheur fait fait en écailles de poisson (Chine ?). [F] 2.-».
Pas d'étiquette.
Reconnue en 1978 et exposée depuis lors.
Pays-Bas ou France (?).
Personnage en bois sculpté et peint, recouvert de minuscules coquillages, de fragments de nacre et d'élytres de coléoptères collés, fixé sur un socle rectangulaire contrecollé de papier peint. Il porte un sac sur la tête. Le thème iconographique apparaît sur des carreaux de Delft.
Réf. MAURIES 1994: 79, donne un exemple de la région de Guérande et s'accorde avec l'hypothèse d'une «origine nordique du personnage» (communication du 1er décembre 1995).
L'armoire d'angle gauche (3e rayon depuis le bas) de la Grande Rochette enferme un couple de personnages costumés fait de coquillages moins fins, daté de 1862 et provenant de Schreveningen. |
| Flèche | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Carquois en cuir dit des Chinois contenant / 15. flèches.» et dans celle de 1890 à propos de la vitrine de Chine & Japon: «Gl Meuron 1 Carquois chinois avec flèches [F] 25.--».
Des flèches se sont perdues; déjà, lors du pointage de la fin du siècle passé, il a été porté en marge «13».
Chine ou Asie centrale (?), XVIIe siècle.
Réf. Publié dans VAN GENNEP 1914: 38, fig. 39 à gauche en haut. A comparer avec le «Carquois des Tartares» (Inv. 1943, no 162) -- qui est un archais, «La forme découpée, indiquant qu'il s'agit en fait d'un étui destiné à protéger l'arc, et non à recevoir des flèches, se retrouve aussi en Turquie. Cet étui se portait au côté gauche de la ceinture du cavalier.» --, ainsi qu'avec l'arc courbe (Inv. 1943, no 156) du Cabinet de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (ZEHNACKER et PETIT 1989: 83-5). Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve un carquois turc de forme identique (Inv. C 5) (SCHNAPPER 1988: 286, note 201 et fig. 65). Voir aussi le tableau Beim Raritäten-Handler de Cornelis de Man (HUSSON 1989: 15); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Flèche | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Carquois en cuir dit des Chinois contenant / 15. flèches.» et dans celle de 1890 à propos de la vitrine de Chine & Japon: «Gl Meuron 1 Carquois chinois avec flèches [F] 25.--».
Des flèches se sont perdues; déjà, lors du pointage de la fin du siècle passé, il a été porté en marge «13».
Chine ou Asie centrale (?), XVIIe siècle.
Réf. Publié dans VAN GENNEP 1914: 38, fig. 39 à gauche en haut. A comparer avec le «Carquois des Tartares» (Inv. 1943, no 162) -- qui est un archais, «La forme découpée, indiquant qu'il s'agit en fait d'un étui destiné à protéger l'arc, et non à recevoir des flèches, se retrouve aussi en Turquie. Cet étui se portait au côté gauche de la ceinture du cavalier.» --, ainsi qu'avec l'arc courbe (Inv. 1943, no 156) du Cabinet de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (ZEHNACKER et PETIT 1989: 83-5). Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve un carquois turc de forme identique (Inv. C 5) (SCHNAPPER 1988: 286, note 201 et fig. 65). Voir aussi le tableau Beim Raritäten-Handler de Cornelis de Man (HUSSON 1989: 15); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Flèche | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Carquois en cuir dit des Chinois contenant / 15. flèches.» et dans celle de 1890 à propos de la vitrine de Chine & Japon: «Gl Meuron 1 Carquois chinois avec flèches [F] 25.--».
Des flèches se sont perdues; déjà, lors du pointage de la fin du siècle passé, il a été porté en marge «13».
Chine ou Asie centrale (?), XVIIe siècle.
Réf. Publié dans VAN GENNEP 1914: 38, fig. 39 à gauche en haut. A comparer avec le «Carquois des Tartares» (Inv. 1943, no 162) -- qui est un archais, «La forme découpée, indiquant qu'il s'agit en fait d'un étui destiné à protéger l'arc, et non à recevoir des flèches, se retrouve aussi en Turquie. Cet étui se portait au côté gauche de la ceinture du cavalier.» --, ainsi qu'avec l'arc courbe (Inv. 1943, no 156) du Cabinet de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (ZEHNACKER et PETIT 1989: 83-5). Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve un carquois turc de forme identique (Inv. C 5) (SCHNAPPER 1988: 286, note 201 et fig. 65). Voir aussi le tableau Beim Raritäten-Handler de Cornelis de Man (HUSSON 1989: 15); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Flèche | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Carquois en cuir dit des Chinois contenant / 15. flèches.» et dans celle de 1890 à propos de la vitrine de Chine & Japon: «Gl Meuron 1 Carquois chinois avec flèches [F] 25.--».
Des flèches se sont perdues; déjà, lors du pointage de la fin du siècle passé, il a été porté en marge «13».
Chine ou Asie centrale (?), XVIIe siècle.
Réf. Publié dans VAN GENNEP 1914: 38, fig. 39 à gauche en haut. A comparer avec le «Carquois des Tartares» (Inv. 1943, no 162) -- qui est un archais, «La forme découpée, indiquant qu'il s'agit en fait d'un étui destiné à protéger l'arc, et non à recevoir des flèches, se retrouve aussi en Turquie. Cet étui se portait au côté gauche de la ceinture du cavalier.» --, ainsi qu'avec l'arc courbe (Inv. 1943, no 156) du Cabinet de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (ZEHNACKER et PETIT 1989: 83-5). Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve un carquois turc de forme identique (Inv. C 5) (SCHNAPPER 1988: 286, note 201 et fig. 65). Voir aussi le tableau Beim Raritäten-Handler de Cornelis de Man (HUSSON 1989: 15); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Flèche | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Carquois en cuir dit des Chinois contenant / 15. flèches.» et dans celle de 1890 à propos de la vitrine de Chine & Japon: «Gl Meuron 1 Carquois chinois avec flèches [F] 25.--».
Des flèches se sont perdues; déjà, lors du pointage de la fin du siècle passé, il a été porté en marge «13».
Chine ou Asie centrale (?), XVIIe siècle.
Réf. Publié dans VAN GENNEP 1914: 38, fig. 39 à gauche en haut. A comparer avec le «Carquois des Tartares» (Inv. 1943, no 162) -- qui est un archais, «La forme découpée, indiquant qu'il s'agit en fait d'un étui destiné à protéger l'arc, et non à recevoir des flèches, se retrouve aussi en Turquie. Cet étui se portait au côté gauche de la ceinture du cavalier.» --, ainsi qu'avec l'arc courbe (Inv. 1943, no 156) du Cabinet de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (ZEHNACKER et PETIT 1989: 83-5). Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve un carquois turc de forme identique (Inv. C 5) (SCHNAPPER 1988: 286, note 201 et fig. 65). Voir aussi le tableau Beim Raritäten-Handler de Cornelis de Man (HUSSON 1989: 15); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Gargoulette | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Alcaraza dt: les Indiens se servent pour rafraichir l'eau.» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette; appartenance possible à la série BB.
Inde ou Sri Lanka.
Vase en terre poreuse rouge, à panse octaédrique et à base bombée. Le col s'épaissit en lentille avant de s'évaser. L'alcarazas sert à rafraîchir l'eau (par évaporation). |
| Gourdin | **** | Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «5 Armes diverses telles que massues assomoirs etc» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Pas d'étiquette; appartenance possible à la série EE. Localisé en 1978/79.
Branche écorcée d'un bois brun, lourd, terminée par un noeud, avec quelques traces d'ocre (?). |
| Hameçon pour appâts | **** | [X] 20. 2. Amecons /en bois/ des Sauvages d'Ota-ity.
Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «8 Hameçons divers», manque dans celle de 1890.
Reste et traces d'étiquette «N [...]».
Reconnu en 1978 et exposé depuis lors.
Petit hameçon composé, formé d'un crochet de bois recourbé; un dard en os pourvu d'un barbillon tourné vers l'extérieur y est attaché par de la ficelle, presque perpendiculairement à la branche. A l'autre extrémité de la hampe est fixée une ficelle de chanvre (?). La branche présente une importante torsion par rapport au plan. Pour la pêche au Ruvettus pretiosus (?).
Ce type de hameçons existe dans tout le Pacifique et ils se ressemblent, si bien qu'il est difficile de les attribuer avec certitude à un archipel précis. Cet exemplaire pourrait aussi provenir de Hawaii (à en juger par le spécimen de 6 cm. proposé dans un catalogue Hurst & Hurst, Cambridge, Mas., no 21, ex-coll. John Friede).
Réf. DUFF 1969: 20; GUDGER 1927: 232-4; KAEPPLER 1978a: 115-6; LAVONDES 1990: 174; PHELPS 1976: 35, pl. 3, nos 29, 30, 31. |
| Hampe de harpon | **** | Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «3 Sagayes d'espèces différentes» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «EE 2[9]», le second chiffre ne subsistant qu'en partie (voir détail). Reconnu en 1978 et exposé depuis lors. Il fait partie d'un ensemble, déjà éclaté dans l'Inventaire, dont les trois éléments (VI.146, VI.262 et VI.325) ont été réunis par M. Yvon Csonka en 1987.
Eskimo. Sud de l'Alaska ou îles Aléoutiennes, USA.
La partie principale, en bois, est presque entièrement recouverte de peinture rouge jusque sur la base de la pièce en os destinée à recevoir la pré-hampe. Cette pièce, cassée à son extrémité, est ligaturée de cordelette de tendon tressé et d'un fil très fin de tendon roulé. La ligature se poursuit jusqu'à la base de la hampe, taillée en biseau et recouverte d'une feuille d'écorce sur sa partie arrondie, et de peinture noire sur sa face plate.
Les extrémités s'adaptent à la tête de harpon VI.146 (M 1) et au propulseur VI.325 (voir détail). |
| Harpon | **** | Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «3 Sagayes d'espèces différentes» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Pas d'étiquette; appartenance possible à la série EE. Localisé par M. Yvon Csonka en 1987.
Eskimo. Vraisemblablement ouest ou sud-ouest de l'Alaska, USA.
Hampe en bois terminée par une pièce en matière osseuse semblable à celle du harpon VI.262 (EE 2[9]) ligaturée avec du tendon tressé. Elle est gravée de quatre lignes et décorée de six chevilles (tuyaux de plume); sa base, taillée en coin caractéristique suggérant une origine proche du détroit de Béring, se fixe dans une incision triangulaire au sommet de la hampe. Une logette contenant une douille en bois reçoit une pointe en ivoire. Celle-ci est reliée par de la cordelette de tendon dédoublée à la hampe servant de flotteur. La hampe, peinte en noir sur presque toute sa longueur, se termine en cône tronqué. L'empenne est constituée de trois plumes rognées et fendues dans leur longueur, ligaturées à leur sommet et à leur base. Les ligatures recouvrent de minces feuilles. Deux des plumes sont détériorées.
Les petits harpons à pointe mâle, dont les Eskimos ne se servent qu'en Alaska, au sud du détroit de Béring, sont utilisés pour chasser le phoque ou la loutre de mer. Ils sont lancés à l'aide d'un propulseur. La double attache de la ligne permet à la hampe de s'opposer plus efficacement à la fuite de l'animal blessé. La douille amortit l'impact et empêche la pièce terminant la hampe de se fendre.
La facture très soignée et l'aspect de cette pièce suggèrent qu'elle est ancienne. Plus soigné et d'apparence ancienne, il est certainement contemporain des objets de la collection de Meuron et pourrait y appartenir; le manque de documentation empêche de trancher.
Réf. FITZHUGH et KAPLAN 1982: 68-71 (ill.); KAEPPLER 1978a: 66 (ill.), 69; KING 1981: 54-5, et pl. 24. Un harpon très semblable recueilli lors du 3e voyage de Cook (1776-79) au Prince Williams Sound se trouve au Musée Historique de Berne (Al.6.a, collection Wäber), publié dans HENKING 1957: 375, no 66 et dans KAEPPLER 1978b: 66 (ill. 126), 69. |
| Harpon | **** | Inventaire CDM: M 1. 2. Ameçonsen os, des Sauvages d'Ota-ity. Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «8 hameçons divers» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «No M 1. // am[eço]n de Sauvages» (voir détail). Du côté opposé à celui où est collée l'étiquette se déchiffre un numéro «38.» (voir détail). Reconnnu en 1978 et exposé depuis lors. Il fait partie d'un ensemble, déjà éclaté dans l'Inventaire, dont les trois éléments (VI.146, VI.262 et VI.325) ont été réunis par M. Yvon Csonka en 1987.
Eskimo. Sud de l'Alaska ou îles Aléoutiennes, USA.
La tête en bois de caribou, dont la face corticale est gravée, comporte une pointe en pierre taillée maintenue par une mince gaine d'écorce et ligaturée de tendon. Une cupule est taillée dans l'un des côtés de la pré-hampe en bois de caribou. Les ligatures de tendon sur la ligne recouvrent de minces feuilles.
La base de la pré-hampe s'adapte à la hampe VI.262 (EE 2[9]). Le troisième élément correspondant est un propulseur VI.325. |
| Manuscrit | **** | Inventaire CDM: [C] 5 Morceau de feuille de Palmier de l'Isle de Ceylan, sur laquelle on a écrit. Se retrouve dans la liste de Louis Coulon de 1834 parmi «5. Paquets de comptes chinois faits sur des feuilles» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette; en pied, une faible trace d'écriture à l'encre «feuille de palmier de l'Isle de Ceylan» permet de faire correspondre cette pièce à l'entrée de l'Inventaire et indique que Pierre Frédéric a, malgré tout, fait parvenir quelque chose à son frère avant 1795, sans qu'il soit possible de savoir par quel canal.
Fragment rectangulaire de feuille de palmier, avec une marque de pliure médiane, dans le sens vertical. Trois trous d'épingle. Deux lignes de texte gravées et noircies, d'un côté, la première en hollandais avec une graphie hésitante: «De Heer Collonel Comondant P. F. de Meúrom» et la seconde la traduction de cette adresse en tamil. L'autre côté est vierge.
Registre: «Adresse du Colonel commandant de Meuron en hollandais et ceylanais».
Réf. Renseignements de Mme Sundarapathmawathy Kunanayakam le 21 août 1994. |
| Maquette de bateau | **** | Inventaire CDM: [X] 27. Bateau d'Ecorce d'arbre, fait par les Sauvages Caraibes. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 dit [bateau en écorce] plus petit fait par les Caraibes» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
Si l'attribution est correcte, cette pièce peut venir du deuxième (1772-1775), voire du premier voyage (1768-1771) de Cook, à moins qu'il ne s'agisse d'une toute autre origine.
Yaghan. Embarcation à fond courbe, sans quille, formée de trois fragments d'écorce, grossièrement cousus par deux coutures, l'une avec une fibre foncée, l'autre avec une fibre claire. Les bordures sont renforcés par deux baguettes teintes en rouge, également cousues avec des fibres noires, qui maintiennent cinq traverses en bois sculpté. L'intérieur de la coque est renforcé par trois groupes de membrures (5, 25 et 6). Les deux rames, aplaties, sont taillées dans un bois blanc.
Rames: L.: 34,7; larg.: 2,8; L.: 34; larg.: 3,5 cm.
Réf. A comparer avec la maquette légèrement moins longue MEN IV.C.371, don de Frédéric Carbonnier le 28 août 1896; KELM et HEINTZE 1976: 420. |
| Maquette de kayak | **** | Inventaire CDM: [X] 26 Pirogue Indienne. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Pirogue indienne (x. 26)» et dans celle de 1890 parmi les objets du Brésil «Berthoud-Coulon 1 petit canot à 1 personnage Caraïbes. [Fr] 10.-».
Etiquette «No. X 26. // Pirogue / Indie_e» (voir détail).
Reconnue en 1978 et exposée depuis lors; rétablie en 1987.
Probablement nord de l'Alaska, USA.
Le bâti en bois est recouvert d'une pièce de cuir de phoque cousue sur le dessus. Le trou d'homme, en bois, est également cousu sur la peau. Le fond est presque plat.
Cette maquette a été affublée pendant un siècle, jusqu'en 1987, d'un personnage en tissu et cire brune aux traits indiens, habillé d'une chemise de coton de style XVIIIe siècle européen, qui s'adapte bien au trou d'homme, mais qui appartient en fait à la maquette de canot en écorce, cotée MEN IV.A.30, offerte par Charles Daniel de Meuron le 24 mars 1802, selon le procès-verbal du 9 juillet 1802 (B).
Fente transversale à l'avant; nombreux passages de vers.
L: 63; larg. max.: 6,8; h. (sans le trou d'homme): 3,2 cm.
Réf. Publié dans CSONKA 1988: 138, no 201, 139 (ill.). |
| Maquette d'embarcation avec cinq personnages et accessoires | **** | Don reçu à Neuchâtel le 24 mars 1802 et signalé par le bibliothécaire le 9 juillet 1802 (B).
Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Grand bateau en écorce avec 4 personnages, 1 enfant, fusils, rames. etc» et dans les carnets de 1890 qui le placent dans l'armoire no 5 «Brésil et Amerique du Sud», après une série de pièces «Hi Borel»: « ? 1 pirogue en écorce à 3 [par-dessus un 4] personnages dt 1 enfant. avec rames fusil. [sans valeur indiquée]».
Reconstituée en plusieurs étapes, l'enfant au berceau ayant été retrouvé en 1986 et le dernier personnage manquant identifié le 17 août 1987 dans la maquette de kayak MEN VI.185 où il était égaré depuis un siècle (CSONKA 1988: 138 [cat. 201]). L'équipement d'origine, bouleversé, ne peut plus être rétabli avec certitude.
Une lettre de Mme veuve Gugy datée de «Machiche ce 10. Juillet 1799» (P - dos.40.I) révèle que cette «Canotée de petits Sauvages, travaillés Sur de L'écorce de Boulau et habillés dans Leurs Costumes» a été envoyée à Charles Daniel de Meuron grâce à l'entremise du marquis Charles Joseph de Beaupoil Saint Aulaire [familier des de Charrière] ce que confirment deux lettres du capitaine Jean Jacques Bolle des 13 et 20 décembre 1799 (P - dos.33).
Exposée depuis 1999.
Type Malécite. Yamachiche (au sud-ouest de Trois-Rivières), Québec, Canada. [Abenaki pour Christian Feest]
Canot à fond aplati en écorce de bouleau avec bastingage, doublé à l'intérieur de minces lames et maintenus par 24 couples rapprochés en bois de cèdre; des cinq traverses à l'origine, deux sont en place à une extrémité, deux brisées et la dernière manque. L'embarcation est cousue avec des racines fendues et de minces ficelles; les plats-bords (fargues), renforcés, sont fixés par des chevilles de bois. Les coutures latérales sont calfatées avec de la résine d'épinette. Traverses et plats-bords auxquels sont attachées cinq boucles de mince ficelle, sont peints en rouge mais l'extérieur du canot n'est pas décoré. Proue et poupe sont renforcées par une planchette appelée le «petit bon homme». L'équipement comporte une voile rectangulaire de tissu comme dans l'exemplaire de Chartres, celui de la collection Farquharson ou celui passé en vente chez Christie's; celui de Braunschweig ne possède qu'un fragment de mât et celui d'Yverdon seulement un dispositif permettant de fixer une voile. [La voile était peut-être fixée à l'avant dans la deuxième traverse.]
Les cinq personnages sont très finement réalisés, généralement à partir d'un corps rembourré en tissu de coton, de bras et d'une tête modelés en cire, parfois renforcée de métal. Leur visage est marqué de taches de couleur rouge. Tous ont une touffe de cheveux noirs en soie. Ils portent des habits en tissus d'importation de soie et de drap, voire de coton, cousus ou maintenus par des épingles. Leurs parures consistent en bracelets de métal, colliers de minuscules perles de verre blanches et bleues, boucles d'oreille en métal, coiffes brodées, ornées de minuscules perles de verre blanc et pourvues de rubans.
Le premier personnage, masculin, qui tient un fusil entre les bras, porte une chemise à jabot en soie vert pâle fusée, des guêtres de drap vert foncé et des mocassins en peau; il est ceint d'une couverture brune et coiffé d'un couvre-chef en double mitre qui évoque aussi les Penobscot. Il lui manque la pupille de l'œil gauche. Le deuxième, également masculin, qui tient une pagaie peinte en rouge et vert à la main gauche évoquant, elle, les Passamaquoddy, porte une chemise en soie et une veste roses jaunâtres par-dessus une jupe de drap noir, des guêtres de drap brun clair et des mocassins en peau; il est ceint d'une couverture noire et coiffé d'un capuchon pointu. Il porte en outre une pochette à tabac à rabat et un sac en peau, brodé de piquant de porc-épic, ainsi qu'une corne à poudre; un étui de poignard en peau brodée pourrait également lui être attribué. Il lui manque des boucles d'oreille et ce qu'il pouvait tenir de la main droite n'est pas précisable. Le troisième, féminin, qui tient une pagaie peinte en rouge et en vert entre les bras, porte une chemise à jabot en soie verte et une jupe de drap noir; il est ceint d'une couverture de drap vert foncé. Jambes et pieds sont modelés en cire, non chaussés, et il est sans coiffure. Il lui manque des boucles d'oreille. Le quatrième, féminin également, longtemps égaré, ne porte qu'une chemise à jabot en coton, serrée par deux brassards métalliques à la saignée. Jambes et pieds sont modelés en cire, non chaussés, et il est sans coiffure. Il lui manque la pupille de l'œil droit et il ne lui reste pratiquement plus de cheveux. Le cinquième est un enfant emmailloté dans un berceau de portage en bois teint en rouge (ex-IV.C.243); l'arceau de protection est décoré de spires de métal.
Parmi les autres éléments ayant subsisté figurent deux pagaies en bois sculpté et peint en rouge, vert et jaune, deux lances en bois peint en rouge, avec pointes à douille en métal, une paire de raquettes à neige en ficelle tressée et peinte en rouge et ce qui pourrait être les restes d'un drapeau en soie claire marquée d'un signe peint en rouge.
De plus, huit accessoires en bois taillé et peint en rouge, vert et jaune clair, difficiles à déterminer et dont le plus long mesure 24 cm, pourraient également appartenir à la maquette.
Ces bateaux, qui ne sont pas plus des jouets que de vrais modèles réduits, étaient réalisés pour être offerts aux Européens et pour le tourisme ainsi que le confirme Mme Gugy puisqu'à l'époque «plusieurs jeunes personnes, s'entretiennent avec cette petite ressource». Il est difficile de savoir s'il s'agit d'un travail de religieuses plutôt que d'une activité d'indigènes (PHILLIPS et IDIENS 1994: 24 et 25) mais la précision de certains détails accrédite la seconde. La provenance ethnique est délicate à déterminer, d'autant qu'il y a eu des mélanges d'influences. La pièce est particulièrement intéressante en raison de son âge puisqu'elle date en tout cas de 1799.
La construction des bateaux réels prenait trois semaines. Ils recevaient parfois des noms personnels et les motifs décoratifs qui y figuraient pouvaient être la signature du fabricant et propriétaire. Ils pouvaient contenir jusqu'à une quinzaine d'occupants et leur bagage.
Dimensions équipement: L. entre 18,7 et 4,7 cm.
Au nombre des pièces de comparaison, il y a lieu de signaler l'exemplaire «micmac» du Pitt Rivers Museum à Oxford (P.R. IV 117) (PHILLIPS et IDIENS 1994: note 19), qui daterait d'avant 1638 (The SPIRIT SINGS 1987: 15; 45), celui du Musée des beaux-arts de Chartres (No 11405), ex-voto Huron-Abenaki envoyé à la cathédrale de Chartres vers 1760 -- qui est reproduit dans The SPIRIT SINGS (1987: face page titre) et a été présenté au Musée de la civilisation à Québec en 1992 dans l'exposition Rencontre des deux mondes (visite du 23 septembre 1992) --, celui de la collection Farquharson daté d'environ 1760 (PHILLIPS et IDIENS: 24-5), l'exemplaire «maniwaki» ou «malécite» du Musée national de l'homme à Ottawa (NMM III-E-311) (BRASSER 1976: 134, ill. 123) daté d'environ 1780-1800, provenant de la collection Arthur Speyer qui l'avait acquis d'un marchand de Londres et ayant figuré en 1968 dans l'exposition "Indianer Nordamerikas 1760-1860" du Deutsches Ledermuseum à Offenbach (BENNDORF et SPEYER 1968: 75, cat. 109, ill. 41 ht.), l'exemplaire «micmac» sans décor du Musée d'Yverdon-les-Bains (KAEHR 1984: 360-1), celui de style «huron» richement décoré du Städtisches Museum de Braunschweig (Nro 1266) (visite du 14 septembre 1994), celui offert en 1803 au Peabody Museum de Salem dans le Massachussets (WALLIS ET WALLIS 1957: 6); un exemplaire du début du XIXe siècle à trois personnages et un bébé au berceau, semblable à celui de la collection Speyer, a passé en vente chez Christie's le 4 avril 1989 (CHRISTIE'S 1989: 52, lot 279); enfin un exemplaire au riche décor polychrome à quatre personnages, un enfant et un chien ainsi que quelques accessoires a passé en vente chez Sotheby's à Londres le 17 juin 1991 (SOTHEBY'S 1991: 9, lot 1) pour £ 6600.
Réf. ADNEY et CHAPELLE 1964: 70-88; EX VOTO MARINS 1977: 28, # 7; HARRISSON 1987; PHILLIPS et IDIENS 1994; WALLIS ET WALLIS 1957: 5-8; lettre de Mme Judy Hall du 20 avril 1980 et fiches Judy Thompson; lettre de Mme Ruth Phillips du 24 janvier 1987; communication orale de M. Christian F. Feest du 4 novembre 1997.
[PHILLIPS 1998 ("Trading identities"): 81 sqq.]
NB: Dans la publication par KAEHR (2000: 335 et 352), avant restauration, la voile est mal placée !
NOTES ADDITIONNELLES
[En dépit de l'affirmation de Ruth Phillips, la facture indienne est confirmée; la provenance du drap vert serait française ? D'après le détail des habillements, ce sont des Indiens ... ?
Un des personnages désigné comme féminin est en réalité masculin. Il s'agissait parfois de la représentation d'une famille.
"Jeanne-Elisabeth Teissier, née vers 1747" avait épousé à Paris "Barthélémy [Cugy] [fils de Hans George (1700- ?)], né en 1737, colonel des Gardes suisses en France [...] Dès qu'éclate la Révolution, il se rendit en Angleterre, d'où il passa ensuite au Canada: il décéda à Yamachiche le 19 avril 1797 et fut inhumé aux Trois-Rivières, ainsi que sa veuve qui mourut à Montréal le 6 mai [1828]. De leur union naquirent cinq enfants, entre autres: Louis [janvier 1770-17 juillet 1840 à Montréal], continuateur de la lignée; Adélaïde-Jeanne, non mariée (1776-1818); Amélie, née en 1784, mariée en 1806 à James Johnston, puis à John Porteous, inhumée à Sherbrooke le 12 mars 1871." "Son ascendance était originaire de la Suisse." par son grand-père, George, natif de Zuben (TG). [1]
Barthélemy était le frère de Conrad, "né vers 1734 à La Haye", secrétaire de Frédéric(k) Haldimand (1718-1791), "décédé célibataire le 10 avril 1786 et inhumé à Montréal le 12 suivant." [2]
Barthélemy Gugy était donc l'aîné de CDM d'une année et il est probable qu'ils ont fait connaissance aux Gardes suisses. Il existe une procuration de Barthélemy Cugy, chevalier du mérite militaire, colonel d'infanterie, et de sa femme Jeanne Elisabeth née Teissier en faveur de CDM, datée de Neuchâtel le 22 mars 1795, par le notaire Charles François Péter (P - dos.67.I). Voir aussi une lettre de CDM du 24 novembre 1801 à M. de Villard (P - dos.45).
[1] Le Jeune, L. (Louis) [Marie] [1857-1935]. [1931]. "Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, moeurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada", par le r.p. L. Le Jeune ... Ouvrage orné de 187 photographies et de 56 gravures hors-texte sur papier de luxe ... [Ottawa] Can.: Université d'Ottawa: 723-724. (2 v. illus., plates (1 fold.) ports., maps (1 fold.) 28 cm).
[2] "Dictionnaire biographique du Canada", vol. IV, de 1771 à 1800. [1980]. [Québec]: Presses de l'Université Laval: 341-342. (? v. 27 cm). -- signalés et communiqués par Francis Back, le 09.03.2002, à Auvernier et le 25.03.2002.
NB: une image montre par erreur la voile au milieu de l'embarcation ! |
| Massue | **** | Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «5 Armes diverses telles que massues assomoirs etc» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Etiquette «Casse tête des / Sauvages de / l'isle de Paques», sans cote; appartenance possible à la série EE.
Reconnue en 1979/80.
Bois lourd de "Casuarina equisetifolia" -- pour certains auteurs, il ne s'agit pas de "Casuarina" mais d'"Acacia" («hau») -- à masse de section losangique, dont la forme évoque une tige de cocotier. La poignée est terminée par une demi-sphère décorée de petits trous et par un bouton cylindrique percé d'un trou (voir détail). Le manche, aux arêtes peu marquées, s'élargit progressivement. Il est semé de petits trous réguliers -- motif peu fréquent -- jusqu'au ressaut de doubles godrons qui délimite la masse. Celle-ci est sculptée en léger relief de motifs géométriques: chevrons, lignes, triangles, ...; comme éléments figuratifs, seules deux silhouettes d'oiseaux [frégate] se dégagent mais pas de figurine humaine. Sur la surface supérieure un peu déprimée de la masse a été grossièrement piquetée une vague silhouette humaine (voir détail). Ce motif est très proche du décor d'une pièce de la Kunstkammer à Saint-Pétersbourg (visite du 2 août 1991). Par ailleurs, le Museum of Mankind possède une massue (BM.1) dont la surface supérieure est sculptée, comme les flancs (examen du 22 octobre 1993). Quelques petits manques aux bords de la masse.
Réf. DECOUVERTE 1972: no 67; DUFF 1969: 51, ill. 84; KAEPPLER 1978a: 238-41. Voir la pièce Fr 8 de la collection Wäber au Musée Historique de Berne, publiée dans HENKING 1957: 337, no 11 et dans KAEPPLER 1978b: 45, 46 (ill. 83). Les massues de Tonga furent le genre d'artéfacts les plus nombreux collectés lors des 2e et 3e voyages de Cook et il en existe plusieurs gravures. A. Kaeppler en recense au moins 87, de divers types.
La massue MEN V.927, non retrouvée et dont l'enregistrement indique des confusions, pourrait correspondre à un autre casse-tête du Cabinet de CDM. |
| Momie d'ibis | **** | Ne se trouve pas dans la liste de 1834 ni dans celle de 1890. Il pourrait être entré dans les collections entre le 4 juillet et le 7 novembre 1800 (B) en même temps que le pot à gingembre MEN 95.1.17.
Pas d'étiquette. Il s'agit du contenu d'un «pot ou est Loiseau ibis» -- encore que la lettre de Théodore Abram du 16 février 1798 dise qu'il renfermait «je ne Sçais quelle Poudre noire.»; en revanche la description du contenant comme «un Espéce de Pots ovale en Thuile» (P - dos.52.II) ne laisse pas de doute sur le récipient, qui n'existe plus.
Cet ibis «avait été tiré depuis 15 jours d'un des grands tombeaux de Memphis prés du Cair, ce fut un présent que je reçus d'un médecin», écrit CDM dans une lettre du 17 mars 1798 (P - dos.30). Comme il se trouvait au Caire entre le 17 et le 27 juin 1795, cette indication devrait permettre de retrouver l'origine précise de cet objet.
Emportée aux Indes et restée longtemps en carafe dans une malle à Anjenjo, l'urne avait été envoyée de Madras le 9 mai 1796 en même temps que le «pot gingembre» dans la grande caisse No 4 qui subira des dégâts (P - dos.14.VI) et CDM s'en souciera comme d'une chose extrêmement précieuse.
Localisé en 1992 (EG.5.C).
Basse époque (664-332) (renseignement oral de M. André Lagneau le 22 juin 1995).
Paquet conique de bandelettes blanchâtres à brunâtres, contenant des restes d'un seul ibis visibles sur la radiographie (lettre de Mme Claude Olive du 19 octobre 1994 et confirmation téléphonique du 21 juin 1995). Il est possible de préciser: «Tête d'Ibis sacré Treskiornis æthiopicus Latham), anciennement Ibis æthiopica Latham. Cet oiseau ne se retrouve plus actuellement en Egypte, mais nettement plus au Sud.» (lettre de Mme Claude Olive du 11 janvier 1996).
Regroupées dans des nécropoles, des centaines de milliers de momies d'ibis ou de chat, par exemple, ont été retrouvées. Servant probablement d'ex-voto, elles étaient offertes par les pèlerins aux dieux, les ibis au dieu Thot, qui avait son temple à Hermopolis, ou les chats à la déesse Bastet, qui était révérée à Bubastis.
Rédigeant à partir de 1926-1927 le catalogue du fonds d'Egypte ancienne, Gustave Jéquier a eu un doute quant à l'attribution à un fournisseur de ce qu'il désigne seulement comme une «momie d'animal».
Réf. DUNAND et LICHTENBERG 1992: 53; MACGREGOR 1994: 176. |
| Panier | **** | "Inventaire CDM: [X] 28. Panier dont les hottentots se servent pour traire le Lait.
Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 dit [Pannier] en joncs dont se servent les Hottentots pr. traire le lait» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890.
L'étiquette manque mais il subsiste à l'extérieur près de la base des traces de cire à cacheter, qui aurait pu fixer une étiquette.
Exposé en 1967 et depuis 1978; rétabli en 1997.
Eskimo du Pacifique (Chugach ?). Cook Inlet ou Prince William Sound, Alaska, U.S.A.
Vannerie tressée de racine d'épinette (Picea sitchensis) en deux nappes entrelacées, délimitant douze anneaux concentriques et une calotte. Un triple décor de vagues d'herbes non teintes de deux couleurs est réalisé selon la technique de la «fausse broderie», visible seulement à l'extérieur. Deux attaches simples en peau, nouées.
L'attribution du XVIIIe siècle a longtemps induit une analogie erronée avec l'exemplaire (RM 626) qu'Anders Sparrman (1748-1820), le médecin et naturaliste suédois qui prit part au 2e voyage de Cook (1772-1775), avait rapporté en 1776 et donné en 1799 à l'Académie des Sciences à Stockholm, actuellement conservé au Folkens Museum Etnografiska (RUDNER 1957: 21; examen du 8 septembre 1997).
Les caractéristiques du tressage, notamment à la base (voir détail), et le décor le désignent incontestablement comme une production de la côte Nord-Ouest (communication orale de M. Christian F. Feest des 12 septembre et 4 novembre 1997).
En parfait état, il aurait pu être recueilli par la troisième expédition de Cook en été 1778; on n'en connaît qu'un unique exemplaire assuré dans les collections du Musée d'ethnographie de Vienne.
Le tressage, très serré, est imperméable et le panier permettait d'y chauffer de l'eau en y plongeant des pierres brûlantes.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 45. FEEST 1995b: 170-2; KAEPPLER 1978a: 269; LEE 1981; communication orale de M. Alberto Costa du 18 octobre 2000; courriel de Mme Molly Lee du 23 janvier 1998, qui considère probable la détermination."
Texte de ROLAND KAEHR |
| Petit sac | **** | Inventaire CDM: [X] 29 2. Sacs natés, où les chinois tiennent leur Riz. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «2 Sacs où les chinois tiennent leur Riz» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «N.o X 29 // Sac natté, dans / lequel les Chinois / tiennent leur riz».
Exposé depuis 1978.
Vannerie diagonale simple: un pris, un sauté. Une partie de l'ouverture est obturée par une couture au fil beige. Bordure inférieure ajourée en forme de lettre K. Marqué sur une face, en travers et à la plume: «W.A.A.».
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44. Le Städtisches Museum à Braunschweig expose une «Sirih-Tasche der Karo Batak» en fibres de pandanus, qui présente des analogies avec cette pièce (examen du 14 septembre 1994). |
| Petit sac | **** | Inventaire CDM: [X] 29 2. Sacs natés, où les chinois tiennent leur Riz. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «2 Sacs où les chinois tiennent leur Riz» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette. Exposé depuis 1978.
Vannerie diagonale simple: un pris, un sauté. Une partie de l'ouverture est obturée par une couture au fil rouge. Marqué sur une face, en travers et à la plume: «W.A.A.».
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44. |
| Poignée de keris | **** | Inventaire CDM: [X] 8. Divinité Indienne en bois d'Ebenne. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Magot Indien en ébènne» et dans celle de 1890 qui détaille la vitrine de Chine & Japon [2] «M.lle [Julie: lire Elise] Presset 1. Petite idole chinoise (?) en bois noir. ebène. (Style plutot hindou ou cochinchine). [F.] 20.-». Pas d'étiquette.
Localisé grâce à l'hésitation du premier scripteur qui s'est perpétuée, en dépit d'une attribution incorrecte à un autre fournisseur.
Royaume Majapahit (1294-vers 1530), Est de Java ou Bali. XIVe ou XVe siècle.
Figurine en bois dur finement sculpté, représentant un démon communément appelé Rakshasa. Robert Heine-Geldern (1932) fait remonter son origine mythologique à Kalmasapada. Il personnifie la faculté de sauter et de voler, de crier et d'effrayer, d'être invisible. Cette figurine se distingue d'autres représentations par un chignon, ce qui est rare (lettre de M. Martin Kerner du 22 janvier 1990). Deux perforations dégagent le cou de chaque côté, les oreilles (ou leurs pendants) touchant les épaules. Parmi les autres parures: un pectoral, un bracelet et un brassard à chaque bras, une paire de chevillères, une ceinture (voir verso), ...
De la résine, de la colle et quelques traces blanches subsistent tout autour de la base, grossièrement dégrossie. Elle devait être prise dans une virole métallique concave, «selut», assujettie souvent par une plus petite, «mendak». La pièce est perforée cylindriquement sur une profondeur de 6,5 cm pour permettre sa fixation sur la soie, «peksi», de la lame du poignard. Au fond se trouvaient les restes d'un insecte.
Mais la partie essentielle du keris est sa lame; si précieux soient-ils, fourreau et poignée sont interchangeables. Amulette et porte-bonheur plus qu'arme, le keris se signale par un pouvoir magique particulier. Une légende l'a souvent entouré: «Le crit devint l'arme favorite, notamment des Habitans de Malaca (c'est une espece de poignard en acier fin, dont la lame est large & ondée par les bords, pénétrée, lors de sa fabrique, d'un poison si subtil & si actif, sur-tout en été, que la moindre égratignure que fait cet instrument est, dit-on, mortelle).» (VALMONT DE BOMARE 1791: I: 519).¨ [Roland Kaehr]
Réf. Publié dans MARVAL 1997: 39 [No 129], qui le qualifie d'«extrêmement rare»; BIOGRAPHIEN 1995: 20; GRONEMAN 1910; HEINE-GELDERN 1932; MARVAL 1993; PLATZ 1992: 89-92; RAMSEYER 1977: 67-9. Le Volkenkundig Museum Nusantara à Delft expose une poignée apparentée (visite du 2 septembre 1989) et un collectionneur de Suisse en possède un exemplaire en argent repoussé très proche. Il en existe aussi en or (vente Habsburg, Feldman, Genève, 14 mai 1990, lot 159). Lettre de M. Andrzej Wawrzyniak du 5 juin 1996. |
| Pointe de flèche | **** | Inventaire CDM: M 1. 2. Ameçonsen os, des Sauvages d'Ota-ity. Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «8 hameçons divers» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «No M 1. // on de Sauvages» (voir détail).
Reconnue en 1978 et exposée depuis lors.
Eskimo. Alaska, USA.
Bois de caribou, avec une profonde barbelure, prolongée de chaque côté par une entaille, et un trait gravé à la base. Le tranchant en pierre signalé dans le registre du MEN a disparu. Il semble y avoir des traces d'écriture sur l'arête opposée à la barbelure.
Réf. Publié dans CSONKA 1988: 138, no 202, 139 (ill.); KAEPPLER 1978a: 274; KAEPPLER 1978b: 67, 68 (ill.); NELSON 1899: pl. 61 a10 et b8 (pointes comparables plus récentes). A comparer avec la pièce Al.5.8 de la collection Wäber (3e voyage de Cook) au Musée Historique de Berne, publiée dans HENKING 1957: 372 (ill.), 373 et dans KAEPPLER 1978b: 67 (ill. 127), 68. |
| Pointe de flèche empoisonnée | **** | Extrémité cassée (avec ligature de réparation), os, pointe triangulaire en fer. |
| Pommeau de canne | **** | Inventaire CDM: [M] 4 4. Pommes de canne faite avec la Dent macheliere de l'Eléphant. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «3. Pommeaux de cannes faits avec des machelières d'Eléphant» -- l'un est déjà absente -- mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
C'est peut-être l'un de ceux dont CDM acquit six exemplaires au Cap comme en font foi ses comptes: le 20 octobre 1784, 34 Rixdallers sont versés pour «6 Pommes de Canne, en dent macheliere d'éléphant, & 2 Sambocks achetés par M. Le Colonel». Mais il s'en procura aussi d'autres par la suite, si bien qu'un mélange ne serait pas impossible.
Européen (?). Afrique du Sud (?).
Ivoire tourné et creusé. Il forme un cylindre, s'évasant plus ou moins à la partie supérieure, avec un bord arrondi. Il est partiellement évidé à l'intérieur. Nombreuses fentes et irrégularités. |
| Pommeau de canne | **** | Inventaire CDM: [M] 4 4. Pommes de canne faite avec la Dent macheliere de l'Eléphant. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «3. Pommeaux de cannes faits avec des machelières d'Eléphant» -- l'un est déjà absente -- mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
C'est peut-être l'un de ceux dont CDM acquit six exemplaires au Cap comme en font foi ses comptes: le 20 octobre 1784, 34 Rixdallers sont versés pour «6 Pommes de Canne, en dent macheliere d'éléphant, & 2 Sambocks achetés par M. Le Colonel». Mais il s'en procura aussi d'autres par la suite, si bien qu'un mélange ne serait pas impossible.
Européen (?). Afrique du Sud (?).
Ivoire tourné et creusé. Il forme un cylindre, s'évasant plus ou moins à la partie supérieure, avec un bord arrondi. Il est partiellement évidé à l'intérieur. Nombreuses fentes et irrégularités. |
| Pommeau de canne | **** | Inventaire CDM: [M] 4 4. Pommes de canne faite avec la Dent macheliere de l'Eléphant. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «3. Pommeaux de cannes faits avec des machelières d'Eléphant» -- l'un est déjà absente -- mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette.
C'est peut-être l'un de ceux dont CDM acquit six exemplaires au Cap comme en font foi ses comptes: le 20 octobre 1784, 34 Rixdallers sont versés pour «6 Pommes de Canne, en dent macheliere d'éléphant, & 2 Sambocks achetés par M. Le Colonel». Mais il s'en procura aussi d'autres par la suite, si bien qu'un mélange ne serait pas impossible.
Européen (?). Afrique du Sud (?).
Ivoire tourné et creusé. Il forme un cylindre, s'évasant plus ou moins à la partie supérieure, avec un bord arrondi. Il est partiellement évidé à l'intérieur. Nombreuses fentes et irrégularités. |
| Pot à gingembre | **** | Se trouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Grand vase en porcelaine pr: conserver le Gingembre ?» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890.
Il pourrait être entré dans les collections entre le 4 juillet et le 7 novembre 1800 (B) en même temps que la momie d'ibis MEN Eg.203. Pas d'étiquette. Il s'agit très certainement du «pot gingembre» -- malheureusement sans indication d'acquisition -- que CDM envoie de Madras le 9 mai 1796 en même temps que le «pot ou est Loiseau ibis» dans la grande caisse No 4 qui subira des dégâts. Lors du pointage de la fin du siècle passé il a été ajouté au crayon rouge «cassé», ce qui a permis d'identifier la pièce le 6 octobre 1988.
Dynastie Ch'ing (1644-1911), XVIIe siècle.
Vase de forme ovoïde en porcelaine blanche, décorée d'un paysage en bord de mer sur fond de montagnes avec des constructions et des arbres peint en camaïeu bleu sous couverte. Le couvercle est pourvu d'une charnière et d'une serrure, fixées par des vis et des boulons; la languette de fermeture qui lui correspond est cassée, mais la clé fonctionne toujours. Il se peut que ce système soit un ajout postérieur. Sous le couvercle, l'ouverture est bouchée par un opercule en terre cuite, cassé. L'ensemble est enserré dans un tressage en rotin -- deux diagonales sont brisées -- se prolongeant par deux anses.
Cassé; restauré en 1993.
Le décor de ce pot, qui servait à conserver le gingembre frais -- l'arôme des épices précieuses se trouvant particulièrement bien préservé grâce à la petite ouverture et à la forme ventrue du récipient --, correspond au style de la fin du XVIIe siècle. De telles pièces étaient produites principalement pour l'exportation dans les pays du sud-est asiatique (lettre de M. Albert Lutz du 13 octobre 1988). Réf. Renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995.
(ex-II.B.137, cote qui ne correspond pas à l'inventaire du MEN). |
| Propulseur | **** | Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «5 Armes diverses telles que massues assomoirs etc» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Pas d'étiquette; appartenance possible à la série EE. Il fait partie d'un ensemble, déjà éclaté dans l'Inventaire, dont les trois éléments (VI.146, VI.262 et VI.325) ont été réunis par M. Yvon Csonka en 1987. «Seule son apparente ancienneté et le fait qu'il s'adapte à la hampe VI.262 (EE 2[9]) permettent d'attribuer ce propulseur à la collection de Meuron.» (CSONKA 1988: 136).
Eskimo. Sud de l'Alaska ou îles Aléoutiennes, USA.
Bois à veines droites et serrées. Les dépressions sur la face externe sont peintes en rouge (communication orale de M. Roger Dechamps du 1er mars 1990), ainsi que l'autre face à l'exception de la rainure qui accepte l'arme à lancer. Un crochet en ivoire, inséré dans une perforation de la planchette située au fond de la rainure, est sculpté en forme de mascaron sur la face externe (voir détail).
Réf. ESKIMO 1978: 27 et 76 (ill. 34, 35); KAEPPLER 1978b: 68 (ill. 128), 69; KAEPPLER 1978a: 271 (ill. 599). Voir la pièce Al.4 de la collection Wäber au Musée Historique de Berne, publiée dans HENKING 1957: 387, 388 (ill.) et dans KAEPPLER 1978b: 68 (ill. 128), 69. A. Kaeppler en recence six provenant du 3e voyage de Cook, dont un à Göttingen très semblable (Inv. Am.619), plus petit de 4 cm, sans mascaron et légèrement endommagé (examen du 13 septembre 1994). |
| Récipient à couvercle | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Tabatière faite aux Indes» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Etiquette «DD 3 // Tabatiere / faite aux Indes.».
Inde ou Japon, de style chinois (?).
Boîte plate en laiton doré et laque noire, avec couvercle à charnière et languette-ressort de fermeture. Le décor de fleurs, oiseaux et cheval se répartit entre six cartouches, un sur chaque face et quatre latéraux. |
| Sceau | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «2 cachets chinois» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890.
Sri Lanka ou Inde (?).
Alliage de cuivre fondu à la cire perdue. Prolongé par une tige percée d'un trou, il présente un motif de palmette spiralée. |
| Sceau | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «2 cachets chinois» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Pas d'étiquette; appartenance possible à la série DD.
Sri Lanka ou Inde (?).
Alliage de cuivre fondu à la cire perdue. Carré et portant des caractères (?); il a un anneau de laiton, peut-être rajouté, passé dans l'une des quatre griffes de préhension. |
| Store | **** | Inventaire CDM: [C] 3. 4. Les mêmes [Feuilles de Talipot] Travaillées, servant de Parasol aux habitans de Ceylan. Manque dans la liste de Louis Coulon de 1834 et dans celle de 1890.
cf. 95.1.2. Une étiquette chacun «No C 3 // Feuille de Tallipot / qui sert de Parasol».
Deux des quatre exemplaires présumés perdus (MEURON et CENTLIVRES 1964: 26) ont été retrouvés en 1978 et sont exposés depuis lors. Ils correspondent vraisemblablement à une partie du contenu du long paquet MDM 81 envoyé du Cap le 23 janvier 1786 (P - dos.30), qui comportait «2 feuilles de talipot naturelles / 2 d.e preparées pour les Noirs / 2 d. enjolivées pr les Européens» mais effectivement reçu de Sri Lanka comme CDM le précise à son frère le 29 janvier 1786 (P - dos.42.II).
Feuilles pliées en accordéon et cousues les unes aux autres; le second store est attaché à une extrémité, en éventail. Les faces supérieures et inférieures sont entrelacées de rubans végétaux de deux couleurs.
«TALLIPOT de Ceylan ou CORYPHE de Malabar, Corypha umbraculifera, Linn.
[...] Arbre de la famille des Palmiers, qui a des rapports avec le latanier & le rondier. [...]
Le tallipot croît au Malabar, dans l'Inde & dans l'Isle de Ceylan, aux endroits pierreux & élevés. Une seule de ses feuilles peut, dit-on, couvrir quinze ou vingt hommes, & les défendre de la pluie. Les Indiens s'en servent pour couvrir leurs maisons, ils en font des tentes dans leurs voyages, des parapluies & des parasols capables de mettre à couvert plusieurs personnes. C'est de ces feuilles que sont composés les livres des Malabares: ils écrivent dessus, en y traçant avec un stylet de fer, des caracteres qui pénétrant leur épiderme supérieur, deviennent ineffaçables.
Les gaînes ou spathes de ces fleurs encore tendres rendent, lorsqu'on les coupe, une liqueur qui séchée & durcie au soleil est un vomitif employé pour faire sortir l'enfant mort, & dont des Indiennes abusent quelquefois pour se procurer l'avortement. Ses fruits sont environ quatorze mois à mûrir, & un seul arbre en produit, selon M. de la Marck, plus de vingt mille: les noyaux de ces fruits se tournent & se polissent pour faire des colliers, qui peints en rouge imitent beaucoup le corail.» (VALMONT DE BOMARE 1791: XIII: 533-5).
«TALLIPOT. Espèce de palmier qui croît à Ceylan et au Malabar, et dont les feuilles sont très-grandes; c'est le palmier talapat (voy. TALAPOIN), corypha umbraculifera, L. Les rachis des feuilles servent à écrire les manuscrits bouddhiques de Ceylan, de Birman, etc.» (LITTRE 1882: IV: 2135). |
| Tasse | **** | L'une des deux tasses se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 tasse chinoise, faite en jade» et les deux dans les carnets de 1890 qui détaille la vitrine de Chine & Japon: «[anonyme] 2 Tasses à anses fondues (?) ayant apparence de jade, transparentes et ornées [F] 20.-». Pas d'étiquette; appartenance éventuelle à la série AA.
Exposé en 1967 et depuis 1978. Un doute subsiste sur l'attribution car les pièces pourraient correspondre au don par M. Betman DeLuze de «2 tasses à anse» le 18 décembre 1800 (B).
Verre coulé, imitant le jade, les deux avec l'inscription en relief Cheou (ou Shou): Longévité ou Longue vie. La jonction du moule est visible à la hauteur des anses.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96; listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44 (pour II.B.145 -- l'autre est peut-être la «5e semblable»); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Tasse | **** | L'une des deux tasses se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 tasse chinoise, faite en jade» et les deux dans les carnets de 1890 qui détaille la vitrine de Chine & Japon: «[anonyme] 2 Tasses à anses fondues (?) ayant apparence de jade, transparentes et ornées [F] 20.-». Pas d'étiquette; appartenance éventuelle à la série AA.
Exposé en 1967 et depuis 1978. Un doute subsiste sur l'attribution car les pièces pourraient correspondre au don par M. Betman DeLuze de «2 tasses à anse» le 18 décembre 1800 (B).
Verre coulé, imitant le jade, les deux avec l'inscription en relief Cheou (ou Shou): Longévité ou Longue vie. La jonction du moule est visible à la hauteur des anses.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96; listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44 (pour II.B.145 -- l'autre est peut-être la «5e semblable»); renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Tasse | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «3 tasses en porcelaine de l'inde.» et dans les carnets de 1890 qui signalent parmi les objets les plus précieux de la vitrine de Java «les tasses porcelaine craquelée, de forme très ancienne». Seules deux des tasses (II.B.130 et II.B.131) portent à l'intérieur une étiquette «N.o BB 4. // tasse en / porcelaine de l'Inde».
La liste de Louis Coulon n'indique que trois tasses mais quatre obélus ont été portés en marge lors du pointage de la fin du siècle passé.
Sung XIIIe siècle.
Porcelaine craquelée gris bleu, anse double et un bord légèrement festonné; il y a deux petites ébréchures et une grosse.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96; listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44 («Tasse chinoise en verre coulé [...]» s.no. «5 [sic] autres tasses semblables»); renseignement oral de M. Hugo Weihe le 7 décembre 1990; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Tasse | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «3 tasses en porcelaine de l'inde.» et dans les carnets de 1890 qui signalent parmi les objets les plus précieux de la vitrine de Java «les tasses porcelaine craquelée, de forme très ancienne». Seules deux des tasses (II.B.130 et II.B.131) portent à l'intérieur une étiquette «N.o BB 4. // tasse en / porcelaine de l'Inde».
La liste de Louis Coulon n'indique que trois tasses mais quatre obélus ont été portés en marge lors du pointage de la fin du siècle passé.
Sung XIIIe siècle.
Porcelaine craquelée gris bleu, anse simple et bord très festonné avec deux reliefs latéraux.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96; listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44 («Tasse chinoise en verre coulé [...]» s.no. «5 [sic] autres tasses semblables»); renseignement oral de M. Hugo Weihe le 7 décembre 1990; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Tasse | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «3 tasses en porcelaine de l'inde.» et dans les carnets de 1890 qui signalent parmi les objets les plus précieux de la vitrine de Java «les tasses porcelaine craquelée, de forme très ancienne». Seules deux des tasses (II.B.130 et II.B.131) portent à l'intérieur une étiquette «N.o BB 4. // tasse en / porcelaine de l'Inde».
La liste de Louis Coulon n'indique que trois tasses mais quatre obélus ont été portés en marge lors du pointage de la fin du siècle passé.
Sung XIIIe siècle.
Porcelaine craquelée gris bleu, anse double et bord peu festonné, avec un relief au bas de l'anse.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96; listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44 («Tasse chinoise en verre coulé [...]» s.no. «5 [sic] autres tasses semblables»); renseignement oral de M. Hugo Weihe le 7 décembre 1990; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Tasse | **** | Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «3 tasses en porcelaine de l'inde.» et dans les carnets de 1890 qui signalent parmi les objets les plus précieux de la vitrine de Java «les tasses porcelaine craquelée, de forme très ancienne». Seules deux des tasses (II.B.130 et II.B.131) portent à l'intérieur une étiquette «N.o BB 4. // tasse en / porcelaine de l'Inde».
La liste de Louis Coulon n'indique que trois tasses mais quatre obélus ont été portés en marge lors du pointage de la fin du siècle passé.
Sung XIIIe siècle.
Porcelaine craquelée ou bleutée, anse simple et bord très festonné avec deux reliefs au haut et au bas de l'anse.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: 96; listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44 («Tasse chinoise en verre coulé [...]» s.no. «5 [sic] autres tasses semblables»); renseignement oral de M. Hugo Weihe le 7 décembre 1990; renseignement oral de M. Zhang Zhihong le 12 juillet 1995. |
| Tête de harpon | **** | Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «8 Hameçons divers» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Pas d'étiquette; appartenance possible à la série EE.
Bois de caribou; tranchant en fer retenu par un rivet, lanière en cuir épais traversant la tête. La logette, ouverte, est renforcée par une cordelette de tendon passée dans des trous.
Il pourrait s'agir d'une tête de lance ou de harpon à morse (NELSON 1899: 148; pl. 57b, no 6). |
| Œuf d'autruche gravé | **** | Inventaire CDM: [ J ] 2. 1 Dit [Oeuf d'Autruche] gravé. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 oeuf d'Autruche sculpté» mais n'est pas repérable dans celle de 1890. Pas d'étiquette. Reconnu vers 1980.
Boers.
Percé à son sommet, l'œuf est champlevé de deux scènes naïves dans des champs ovales délimités par un cordage. L'une représente le Christ assis face à un docteur de la Loi, l'autre le sacrifice d'Abraham. A la base, un texte en ancien néerlandais s'inscrit dans une spirale délimitée par un cordage, les caractères croissant de taille: «HOUW o OP o O o VADER o SPAAR o UW o KII/ID o HET o STERK o GELOOF o KRYGT o GOD o TE o VRII/ID o » [Arrête ô Père, épargne ton enfant parce que la foi forte te donne Dieu pour ami] (voir détail). Entre les sujets sont finement gravés des motifs végétaux ainsi que sur une bande, également délimitée par des cordages, autour de la perforation. Une ancienne ficelle de suspension a subsisté, arrêtée par un bâtonnet de bloquage.
Réf. Deux oeufs d'autruche sculptés figuraient sous le N° 707 au catalogue de Mr GALLOIS de 1780 -- CDM en possédait un exemplaire (E 56) dans sa bibliothèque --, dont un avec les armoiries des Provinces-Unies. |
| Xylophone | **** | Inventaire CDM: [X] 22. Idem [Instrument de musique], des hottentots. Se retrouve dans la liste de Louis Coulon de 1834 sous la désignation «1 instrument de musique fait avec des Calebasses.» suivie de «2 batons surmontés à une de leurs extrêmités d'une boule pr. jouer d'un des instruments» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette: «No X 21 // Instrument de musique des Indiens», ce qui indique un croisement dans l'étiquetage. L'Inventaire ne mentionne pas de mailloches; celles qui lui sont attribuées dans le registre du MEN ne présentent pas de garanties suffisantes.
Exposé en 1967 (quoique ne figurant pas dans la liste MEURON et CENTLIVRES 1965: 44) et depuis 1978.
Neuf touches en bois dur et neuf résonateurs en calebasse, avec anse d'appui.
«Une lanière permet au musicien de le suspendre [l'instrument] autour de son cou, alors que l'anse d'appui recourbée le maintient en position de jeu. Les touches, frappées à l'aide de baguettes garnies de boules en latex, n'entrent pas en contact avec l'armature, car elles sont suspendues par un réseau de liens en cuir. Sous chacune d'entre elles est fixée une calebasse sphérique qui sert de résonateur; son volume dépend de la tonalité de la touche correspondante: plus le ton est bas, plus la calebasse est grosse. Chaque calebasse est en outre percée de deux trous: un trou sommital qui reçoit la vibration de la touche, vibration qui, amplifiée par la cavité de résonance, "ressort" par un trou latéral obturé au moyen d'une fine membrane en toile d'araignée qui vibre comme un mirliton et confère à l'instrument un timbre caractéristique: le son est tout à la fois "voilé" et prolongé par cette vibration.
L'échelle tonale de ce xylophone correspond à peu près à celle qu'on rencontre sur les timbila fabriqués actuellement par les Tshopi, c'est-à-dire, de gauche à droite pour le musicien (côté anse): do3 -fa3 - sol3 - sol dièze3 - la3 -do4 - mi b4 - fa4 - mi b3.
Il s'agit donc d'une échelle heptatonique (une octave) ascendante encadrée par deux tons bas.» (BOREL 1986: 1).
Une partie de l'anse d'appui et les séparations entre les touches sont sculptées d'une double rangée de pointes. L'instrument est en excellent état; seules les attaches en cuir ont été remplacées.
Réf. Publié en carte postale couleurs en 1985. |
| Arc | *** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Arc de Hottentots.» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «No EE 26 // Arc [...] Hottentots», sur laquelle a été ajouté plus tardivement au crayon: «Genéral de Meuron».
Exposé en 1967 et depuis 1978. L'erreur d'étiquetage a été répercutée dans la liste de 1834, encore qu'un arc hottentot -- sinon provenant de la Terre de Feu -- eût fort bien pu exister.
Nookta Sound, Vancouver Island, Colombie britannique, Canada.
Bois taillé, plat à l'intérieur et légèrement bombé à l'extérieur; les extrémités sont courbes et il est resserré au centre pour former poignée. La face interne est creusée d'une gorge, servant probablement à accueillir un tendon de renforcement, gorge qui s'interrompt à la hauteur de la poignée. Les bras sont larges et aplatis. A chaque extrémité, un sillon déterminant un bouton arrondi est ménagé pour la corde, qui manque.
L. max.: 125,5 (entre les points d'attache: 123); larg. min. (poignée): 2,4 et larg. max. (bras): 5,8; épaisseur (poignée): 1,5 cm.
MEN III.C.3698.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 45; EISLER et SMITH 1988: 192, cat. 183; KAEPPLER 1978a: 274; KEW 1974: 44; KING 1981: 86 7, pl. 79.
Une pièce ressemblante, qui mesure 3,5 cm de plus mais a des bras de 1 cm moins larges (Inv. Am.619), se trouve à Göttingen (examen du 13 septembre 1994). |
| Boîte | *** |
[X] 6. Modele d'une cage en bois de chêne de hollande.
Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Modèle d'une cage en bois de Chène» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «No X 6 // modele d'une Cage, en bois de Chene d'hollande.».
Retrouvé en 1978 et exposé depuis lors.
Europe.
Bois brun-rouge (teck ?), assemblé à queue d'aronde et avec quelques clous; le «couvercle» coulissant, en forme de cadre rainé, présente une battue en dessous, laissant la place pour un panneau de fermeture ou une plaque de verre.
7,7 x 20,5 x 12,9 cm.
MEN 95.1.6. |
| Bouclier | *** |
Se retrouve vraisemblablement aussi -- en dépit du libellé -- dans la liste de 1834 parmi les «2. Ecus 1. garni en acier 1. en cuir uniquement» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette; appartenance présumée à la série EE.
Reconnu le 29 mars 1995.
Inde.
Cuir laqué, bombé et circulaire, avec rebord vers l'extérieur. Au centre, trois boutons en fer, ajourés, piquetés et dorés (le quatrième est absent) aboutissent, à l'intérieur, à des oeillets dans lesquels passent des anneaux en fer, rouillés. Les viroles maintiennent encore des restes de tissu rouge. Ficelle double attachée à une boucle.
Deux grosses perforations non d'origine, comme dans la pièce précédente, devaient permettre de suspendre le bouclier. Un clou; bordure détériorée ou incomplète à deux places.
Diam.: 42; h.: 7 cm.
MEN 95.1.16.
Réf. Un bouclier analogue est porté par un soldat de l'escorte du rajah de Dharakot (Orissa du Sud) en 1988 (FISCHER et PATHY 1990: 57, ill. 62). |
| Bracelet ouvert | *** | Bracelet ouvert «kupee hookalakala»
[ M ] 3. Bracelet, en dents, dont le [se] parent les femmes des Isles du Sud.
Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Braçelet fait avec des dents; dont se servent les habitants des iles Sandwich» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette, mais trace de colle.
Reconnu en 1984/85.
Hawaii (Iles Sandwich).
Formé de 18 dents de cochon disposées symétriquement, percées de deux trous (certaines ont un trou supplémentaire, non utilisé) et attachées par une cordelette de fibres tressées «olona» (Touchardia latifolia). La cordelette forme une boucle d'un côté et, de l'autre, le lien libre sert d'attache. Il est prolongé par une ficelle de suspension semblable aux autres qui ont subsisté. Les dents extérieures sont légèrement plus petites que celles du milieu. Trois ont perdu une petite lamelle d'émail et la plupart présentent des cassures à leur base.
Formant trois quarts de cercle, ouvert là où la main touche le corps, cet ornement corporel, typique des îles Hawaii où l'élevage des cochons se faisait à grande échelle, était porté au poignet, pointes vers la main, par les danseurs de la société «hula» comme une partie de leur costume plutôt que comme ornement cérémoniel. On ne sait rien sur leur sens dans la culture hawaiienne avant 1778.
Pour certains auteurs (BOUNOURE 1992: 223; DECOUVERTE 1972: no 156; DUFF 1969: 68, ill. 129), cet ornement -- dont le nom signifie «bracelet avec des pointes» -- était réservé aux femmes nobles.
H. des dents: 7-6,5; longueur du bracelet au centre: 14 cm.
MEN 95.1.11.
Réf. ARTE DELL'OCEANIA 1971: ill. 379; BUCK 1957: 546; CHORIS: Pl. XII: Three Dancers; COOK et KING 1785: Atlas: pl. 67, no 5; KAEPPLER 1978a: 95-6; PICKENS 1982: 10-2, fig. 3. Des bracelets existent dans un certain nombre de musées, notamment au Bishop Museum, Honolulu, et peuvent comporter de 18 à 24 dents; A. Kaeppler en recense 16 exemplaires provenant du 3e voyage de Cook. |
| Capuchon de pipe | *** |   |
| Carillon décoratif | *** | Inventaire CDM: [F] 125. 6. Divers ustenciles faits avec la noix de coco. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Machine composée de calebasses suspendues les unes aux autres» et dans celle de 1890 qui précise «Java ?».
Etiquette «No [ ] // Ustensiles faits avec la noix du Coco». Avec la pièce précédente, le décompte de l'Inventaire est exact.
Reconnu et exposé depuis 1978.
Provenance indéterminée.
Cinq calebasses elliptiques de diamètre décroissant suspendues en grappe par une ficelle les unes au-dessous des autres. La plus grande est ajourée d'une frise de coeurs et de demi-lunes et gravée d'une rosace végétale. La deuxième est également gravée d'une rosace végétale et porte une petite étiquette «F 125». La troisième est ornée d'une rosace plus simple champlevée et noircie et porte une petite étiquette «F 125». Les quatrième et cinquième, non décorées, portent toujours une petite étiquette «F 125», et à l'intérieur de la dernière, brune, figure à l'encre un «No 22», antérieur à l'Inventaire. |
| Coupelle | *** | Galibi
[F] 125. 6. Divers ustenciles faits avec la noix de coco.
Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 moitié de calebasse noire gravée en blanc»; celle de 1890 mentionne dans la vitrine (no 3) de l'Inde: «Provenance inconnue 1 Moitié de Calebasse avec dessins tracés au burin. [f] 3.-».
Petite étiquette «F 125».
Reconnue et exposée depuis 1978. Cet objet pourrait remonter au voyage de CDM aux Antilles en 1758-59.
Pierre Barrère écrivait: «Mais rien n'approche de la beauté des Couyes que les Indiens, du côté des Amazones, ont coûtume de faire: c'est avec le fruit du Calebassier, qu'ils coupent en deux, qu'ils font ces sortes d'ustanciles, qu'ils vernissent fort proprement, & sur lesquels ils impriment des figures, des fleurs, & autres agrémens. Ces sortes de Courges sont tantôt rondes, & elliptiques. Il y en a qui sont en côte de Melon. On donne cette figure au fruit, en le serrant étroitement avec une lianne, lorsqu'il est encore verd.» (1743: 139)
Guyane ou Brésil (?).
Moitié longitudinale d'un fruit allongé dont les bords sont teints en rouge et le reste en noir; décorée à l'extérieur et à l'intérieur de fins motifs gravés avec un fond guilloché. Ficelle de suspension passée à l'extrémité pointue.
H.: 5,5; diamètre: 19/13,5 cm.
MEN 95.1.4. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Coupon d'écorce battue, mince, à décor peint en brun foncé sur fond blanc.
Exposé depuis 1999.
Réf. Illustré dans MEURON et CENTLIVRES 1964: h.t.; illustré dans VAN GENNEP 1914: 27, fig. 28. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Pièce d'écorce battue, rosâtre, à stries grossières et entrecroisées. Deux attaches en liber blanc.
Manque un angle; plusieurs déchirures. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Pièce d'écorce battue, rose.
"Peut-être peint avec le rouge des uniformes des occidentaux. Dans ce cas XIXe siècle et pas XVIIIe siècle. Peut-être peint avec ponce." (M.-C. B.; A.-L. K, 02-03.04.2003) |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Pièce d'écorce battue, jaune. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Coupon d'écorce battue, blanc, épais, formé d'une feuille à fines stries et de plusieurs couches spongieuses. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Etoffe d'écorce battue, à décor de lignes ondulées et de points en diagonale noirs et rouges sur fond blanc.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Réf. Illustré dans VAN GENNEP 1914: 27, fig. 28. |
| Echantillon de tapa | *** | Etiquette «51 [fabriq]uées [à Ota] Iti» antérieure à l'Inventaire, collée dans un angle.
Etoffe d'écorce battue, irrégulière, à décor de lignes parallèles rouge-brun sur fond jaune, mince. Le motif a éventuellement été obtenu par frottement, avec un chiffon enduit de couleur, du tapa posé sur une matrice plate «kupesi». Celle-ci est faite avec des fibres de pandanus aplaties sur lesquelles ont été brodés des motifs en nervures de feuilles de cocotier.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Réf. NECKER 1987: 101-2; lettre de M. Louis Necker du 29 mars 1990; renseignement oral de M. Christian Kaufmann du 13 janvier 1999. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Coupon d'écorce battue, brun gris, gommé, mince, décoré de bandes de 4 lignes brunes.
Manque un angle, coupé. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Coupon d'écorce battue, brun gris, gommé, mince, décoré de lignes simples brunes.
Manque un angle, coupé. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Coupon d'écorce battue, blanc, mince, très souple. |
| Echantillon de tapa | *** | Etiquette «N° X 23. // Etoffe fabriquée à / l'Isle d'Ota-Iti» (voir détail).
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Etoffe d'écorce battue, peinte de chevrons noirs et rouges sur fond blanc.
Réf. Illustré dans VAN GENNEP 1914: 27, fig. 28. |
| Echantillon de tapa | *** | Etiquette «51 [Eto]ffes fabriquées [...] Ota Iti», antérieure à l'Inventaire, collée dans un angle.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Etoffe d'écorce battue, peinte de lignes et quadrillés noirs et rouges sur fond blanc. L'échantillon présente une couture simple correspondant au 3e croquis de Kooijman (voir détail). Ce procédé d'assemblage n'est attesté qu'à Hawaii et dans l'île de Pâques (NECKER 1987: 89). Déchirure recollée secondairement.
Réf. BRIGHAM 1911: 104-9; KOOIJMAN 1972: 112-4.
Partie déchirée (à gauche en bas sur l'image) recollée par YM à la colle d'amidon le 18.05.1999. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Etoffe d'écorce battue, à décor de lignes ondulées et de points en noir et rouge sur fond blanc.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Réf. BRIGHAM 1911: pl. U2. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
L'échantillon provient manifestement de la même pièce que MEN V.509.
Etoffe d'écorce battue, à décor de lignes ondulées et de points formant des triangles disposés en chevrons, en noir et rouge sur fond blanc.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Réf. BRIGHAM 1911: pl. T3. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Etoffe d'écorce battue, épaisse, peinte en noir et rouge sur fond blanc gaufré ou côtelé, effet obtenu «en faisant passer une sorte de patin sur le tapa posé sur une planche gravée avec des rainures parallèles.» (NECKER 1987: 89). Kooijman (1972: 116-7) indique que ces tapas étaient fabriqués non par les femmes mais par les hommes.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Réf. BRIGHAM 1911: pl. 39.1 à comparer avec pl. Y. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Etoffe d'écorce battue, à décor de lignes entrecroisées rouges et noires en «échelle» sur fond blanc. Les premières sont en zigzag et les secondes parallèles, par groupe de deux.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Réf. Illustré dans VAN GENNEP 1914: 27, fig. 28. BRIGHAM 1911: 109, fig. 64, à comparer avec pl. W2; CHRISTIE'S 1997: 11, lot 1; HALL 1921: 18-9, pl. II.1; KAEPPLER 1978a: 117-8, fig. 201; KAEPPLER 1978b: 134-5, fig. 205; lettre de Mme Adria H. Katz du 9 juin 1997. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Coupon d'écorce battue, blanc, épais, formé d'une feuille à fines stries et de plusieurs couches spongieuses. |
| Echantillon de tapa | *** | Pas d'étiquette.
Coupon d'écorce battue, rosâtre, mince, à fines stries. |
| Figurine | *** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 oiseau en caoutchouc.» et dans celle de 1890 «[anonyme] 1 oiseau en caoutchouc monté sur pied. de Cayenne. [Fr] 5.-».
Etiquette sur l'oiseau «de Caienne» et sur le pied «G 3[6...]» recouvrant un numéro plus ancien «4»; appartenance à une série impossible à préciser, malgré la ressemblance avec la série des oiseaux de l'Inventaire (p. 107-139).
Une étiquette volante indique -- à tort -- «Don de M.r H=ri Borel. 1834.».
Indien. Cayenne, Guyane (ou Pará, Brésil) (?).
Caoutchouc moulé avec plumage de fantaisie et décor sur la poitrine, enfilé sur un pied tourné en bois. Il est possible que le pied soit un support d'oiseau réutilisé.
Le caoutchouc a été révélé dans la première moitié du siècle par Charles Marie de La Condamine (1701-1774) à la suite de son passage en Guyane.
La sève de l'Hevea brasiliensis était étendue sur une forme en argile puis fumée; la matrice était ensuite élimimée par l'ouverture. Dans sa Nouvelle Relation de la France Equinoxiale, Pierre Barrère (1743: 139-41) donnait une description de cette technique et ne retenait pas son admiration pour le produit:
«Ce sont ces mêmes Indiens qui font aussi des Balons, des Anneaux, & des seringues, autre sorte de Balon, si recherchée par les curieux. La matiére dont ces ouvrages sont faits, est le lait qui découle d'une lianne qui / doit être rangée, par rapport à la structure du fruit & de la fleur, au genre des Apocins. Ils ramassent une certaine quantité de ce suc laiteux, qu'ils font bouillir environ un gros quart d'heure, pour lui donner un peu de consistance; après quoi, ils disposent les moules qu'ils ont préparés pour différentes choses. Ils les font ordinairement d'un peu d'argile, qu'ils pétrissent avec du sable, afin qu'on puisse les casser aisément. Les moules de Seringue ont la figure d'une perle, ou d'une grosse poire, longue de cinq ou six pouces. On met par dessus ces moules plusieurs couches de cette espéce bouillie, sur laquelle on trace, avec la pointe d'un couteau, ou un poinçon, plusieurs traits figurés: on a soin de les sécher ensuite à un petit feu; & on acheve de les noircir à la fumée. Après quoi on casse le moule. On fait aussi, avec la même matiére, des bottes, des sceaux, qui résistent mieux à l'eau que le cuir ordinaire. Les Balons ont beaucoup d'élasticité, & font cinq ou six bonds de suite, dès qu'on les a / jettés une fois. Les Anneaux sont encore bien plus admirables. Leur ressort est extraordinaire; & ils prêtent infiniment.»
H. tot.: 18,7; oiseau seul: 13,5 cm.
MEN 95.1.14.
Réf. Cette pièce rappelle fort les deux figurines recueillies par Alexandre Rodrigues Ferreira en 1783-1784 alors qu'il séjournait dans la région de Belém (HARTMANN 1991: 115-6; ill. 3 et 4). |
| Flacon de narghilé | *** |   |
| Hameçon | *** | Inventaire CDM: [X] 20. 2. Amecons /en bois/ des Sauvages d'Ota-ity. Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «8 Hameçons divers», manque dans celle de 1890.
Etiquette «No X 20. / ameçon de Sauvages».
Reconnu en 1978 et exposé depuis lors.
Kwakiutl. Nookta Sound, Vancouver Island, Colombie britannique, Canada.
Hameçon composé, formé d'un crochet de bois fortement recourbé; il est armé d'un dard rapporté en bois, attaché en diagonale par une lanière d'écorce de Prunus (?). La pointe du crochet est également entourée par une spirale d'écorce, arrêtée par un fil. Il reste un bout de ligne en matière végétale tordue, en-dessous de laquelle un fil végétal de serrage est enroulé sur les deux branches du crochet. Ces harpons étaient généralement faits d'une racine d'épinette (épicéa) pliée à la vapeur.
Ils étaient utilisés, souvent par paire et lestés, pour pêcher le flétan (Hippoglossus stenolepsis) (lettre de Mme Marie-Claire Bataille-Benguigui du 31 août 1994).
La ligne tressée a été cassée en décembre 1998.
Réf. KAEPPLER 1978a: 276 (ill. 610); KEW et GODDARD 1974: 36-7; KING 1981: 87 (ill. 105, 106); LAVONDES 1990: 182; LEROI-GOURHAN 1973: 78-9; PHELPS 1976: 317, pl. 185, nos 1497, 1498, 1499. Göttingen possède un spécimen ressemblant (Inv. Am.618) quoique un peu plus petit et plus ouvert (examen du 13 septembre 1994). |
| Hameçon à cuiller et bas de ligne | *** | Hameçon à cuiller et bas de ligne «pa» ou «ba yaloyalo»
[ M ] 2. Ligne des habitans des Isles du Sud.
Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «8 hameçons divers» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette mais marque claire sur le corps, à gauche de la cordelette.
Reconnu le 21 décembre 1992.
Tonga (Iles des Amis).
Hameçon composé classique formé d'un corps en os de baleine doublé au dos d'une lame de nacre noire très soigneusement plaquée et fixée au bas et au haut par une attache de fibres, légèrement oblique, qui se dissimule dans une petite gorge. La lame est plus courte d'un centimètre et s'appuie sur un ressaut de l'os.
Il a fait l'objet d'une réparation indigène. Ainsi, le crochet, taillé dans de l'écaille de tortue et armé d'un barbillon interne, est perforé en trois endroits: dans la perforation de la base, une cordelette, pourvue à l'arrière d'un mouchet de fibres servant de leurre, le maintient au corps du hameçon. Le trou supérieur sert normalement pour la seconde attache et le départ de la ligne. Elle semble avoir cédé, si bien qu'une attache de fibres, simplement passée par-dessus, maintient le crochet au milieu. Quant à la ligne «tau», son départ est refixé par une tresse de cordelette passant par une perforation médiane supplémentaire du crochet, sous l'attache de fibres. Ce dispositif manifeste bien l'importance du lien entre la ligne et le crochet, le corps servant de lestage et la plaque de nacre d'appât. «La touffe de fibres [...] doit suggérer une queue de poisson bougeant dans l'eau.» (FORMENT 1981: 59). La ligne, tressée en fibres d'«olona» (Touchardia latifolia), renforcée par un enroulement de cordelette, est maintenue par une attache au haut du corps du hameçon.
La ligne est coupée à deux centimètres. Au XVIIIe siècle, les lignes «sont des cordes, à l'extrêmité desquelles sont ajustés des ains ou hameçons garnis d'appât qui attirent le poisson.» (ENCYCLOPEDIE d'Yverdon)
Ces hameçons étaient utilisés pour la pêche à la bonite (thon) «hi atu», ainsi que le précise Cook (1785: 89) dans le récit du troisième voyage en juillet 1777: «Ils [Les Insulaires] tirent leurs cordages des fibres de la gousse de cocos; ces fibres n'ont que neuf ou dix pieds de long, mais ils les joignent l'une à l'autre en les tordant; ils en font ainsi des ficelles de l'épaisseur d'une plume, & d'une très-grande longueur, qu'ils roulent en pelottes, & qu'ils réunissent ensuite, pour avoir de gros cordages. Leurs lignes de pêche sont aussi fortes & aussi unies, que les meilleures des nôtres. De grands & de petits hameçons forment le reste de leur attirail de pêche; les derniers sont en entier de nacre de perle; mais les premiers sont seulement recouverts de cette matiere. La pointe des uns & des autres est ordinairement d'écaille de tortue; celle des petits est simple, & celle des grands barbelée. Ils prennent avec les grands, des bonites & des albicores; pour cela, ils adaptent à un roseau de bambou, de douze ou quatorze pieds de long, l'hameçon suspendu à une ligne de même longueur. Le bambou est assujetti par une piece de bois entaillée, posée à l'arriere de la pirogue, &, à mesure que l'embarcation s'avance, elle traîne sur la surface de la mer, sans autre appât, qu'une touffe de lin qui se trouve près de la pointe.».
L. de la base: 15; larg. max. 2,9; larg. à la base: 1,8; long. du crochet: 6 cm.
MEN 95.1.10.
Réf. Publié dans KAEHR 1994: 143-5; BATAILLE-BENGUIGUI 1994: 143, 229-38; DUFF 1969: 53 (ill. 91); FORCE et FORCE 1971: 151 (ill.: 156); FORMENT 1981: 56, no 72; 59; KAEPPLER 1978a: 234-5; KAEPPLER 1978b: 44-5; PHELPS 1976: 167, pl. 89, nos 692, 693, 694. Un hameçon analogue mais plus grand figure dans un catalogue Hurst & Hurst, Cambridge, Mas. no 16, ex-coll. John Friede.
Les exemplaires -- complets -- de Göttingen (Inv. Oz.211, Oz.216) permettent de constater que la fixation dans la nacre peut aussi être verticale ou horizontale (examen du 13 septembre 1994). Dans celui de Wörlitz (SSG 11-1162), qui date du 2e voyage, le crochet présente la particularité d'être constitué de deux plaques d'écaille reliées par des ficelles non perforantes (examen du 14 septembre 1994). |
| Jonction de pipe à eau | *** |   |
| Jonction de pipe à eau | *** |   |
| k | *** | Inventaire CDM: [X] 4. Petit Tonneau de Cannelle. Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1 Tonneau de cannelle.» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «Petit toñeau de Canelle // No X 4.».
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Java (?).
Tonnelet en bois brun rouge. Trois liens en rotin. Douves fendues.
H.: 10,5; diam.: 6,5-7,6 cm.
MEN II.C.129.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44. |
| Lance | *** | Peut figurer dans la liste de 1834 parmi «3 Sagayes d'espèces différentes» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Etiquette «EE 16 / Assagaye en bois roze». Il a été rajouté sur l'étiquette au crayon «Hawaii 8pds 4pces», ce qui correspond bien à l'origine et à la longueur.
Exposé en 1967 et depuis 1978.
Hawaii (Iles Sandwich).
Longue javeline barbelée, d'une pièce, en bois de «kauila» (Alphitonia ponderosa), d'une belle couleur noyer foncé, parfaitement polie. Elle est équilibrée pour le jet. La hampe est arrondie et l'extrémité inférieure s'amincit graduellement, tandis que, vers la pointe, elle croit progressivement pour s'arrêter brusquement. La pointe, peu aiguisée, est très soigneusement sculptée pour former 5 spires de 3 barbelures avec des pointes arrondies dessous et des angles aiguisés dessus. C'est un travail d'une surprenante perfection. Les «étages» sont agencés de telle manière qu'ils alternent, rendant l'arme plus dangereuse. Les dimensions des étages varient (voir détail).
Elle a été sciée obliquement en deux et les deux parties ont été refixées avec des clous de métal.
L.: 246; diam. max. de la hampe: 3,3; diam. min.: 0,8; long. de la partie barbelée: 24 cm.
MEN V.954.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44; DUFF 1968: 73, ill. 143; KAEPPLER 1978a: 111-2; KAEPPLER 1978b: 152. A. Kaeppler en recense 8 provenant du 3e voyage de Cook. Un «ihe», provenant de Warwick Castle, a passé en vente chez Christie's le mardi 6 octobre 1987 (TRIBAL ART 1987: 29 + ill. pl. 6 et 7, no 377). |
| Manuscrit | *** | Inventaire CDM: [C] 4 Contrat de vente d'un negre sur un morceau de feuille de Talipot.
Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «5. Paquets de comptes chinois faits sur des feuilles» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette mais, au verso, subsiste la très faible trace d'une inscription à l'encre (¯) perpendiculaire au texte indigène «E 3 / Contrat de / vente d[ ] / N[ ] / mon So[ ]».
Identifié le 20 août 1994. Exposé depuis 1978, il se trouvait indûment ajouté au manuscrit MEN II.A.278, don de J. J. Gaechter en 1812.
Tamoul. Sri Lanka.
Feuille de palmier, percée d'un trou ellipsoïdal, pliée en deux en tête dans le sens horizontal et gravée de 4 lignes de texte au recto et de 5 au verso, légèrement brunies. Vierge à l'intérieur.
Le texte est en tamil, difficile à lire et à traduire. Il semble qu'il y soit question d'«argent» et de «contrat» sur la première face et d'«une femme qui prie pour avoir un enfant» sur la seconde.
H. max.: 2,8 cm; larg.: 38,6 cm.
MEN 95.1.3.
Réf. Renseignements de Mme Sundarapathmawathy Kunanayakam les 20 août 1994 et 21 juin 1995.
Manuscrit
[C] 5 Morceau de feuille de Palmier de l'Isle de Ceylan, sur laquelle on a écrit.
Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «5. Paquets de comptes chinois faits sur des feuilles» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette; en pied, une faible trace d'écriture à l'encre «feuille de palmier de l'Isle de Ceylan» permet de faire correspondre cette pièce à l'entrée de l'Inventaire et indique que Pierre Frédéric a, malgré tout, fait parvenir quelque chose à son frère avant 1795, sans qu'il soit possible de savoir par quel canal.
Identifié le 21 août 1994. Exposé depuis 1978.
Tamoul. Sri Lanka.
Fragment rectangulaire de feuille de palmier, avec une marque de pliure médiane, dans le sens vertical. Trois trous d'épingle. Deux lignes de texte gravées et noircies, d'un côté, la première en hollandais avec une graphie hésitante: «De Heer Collonel Comondant P. F. de Meúrom» et la seconde la traduction de cette adresse en tamil. L'autre côté est vierge.
H.: 2,2 cm; larg.: 18,1 cm.
MEN II.A.276 «Adresse du Colonel commandant de Meuron en hollandais et ceylanais».
Réf. Renseignements de Mme Sundarapathmawathy Kunanayakam le 21 août 1994. |
| Maquette de chien | *** | Ne se trouve pas dans la liste de 1834 ni dans celle de 1890.
Pas d'étiquette. Non situable dans la série K qui comprend plus d'un chien «factice en petit» mais hautement probable.
Reconnu en 1978 et exposé depuis lors.
Seul exemplaire ayant survécu de ces animaux en réduction -- que vit Madame de Gauthier en juillet 1790 et qu'elle écrivait avoir été fabriqués à Strasbourg (1790: II: 303) --, sur les 79 listés dans l'Inventaire.
Papier mâché peint, sur bâti, fixé sur une planchette de bois découpée et peinte en vert. |
| Peigne | *** | Manque dans l'Inventaire, mais pourrait avoir été remis ultérieurement.
Se trouve dans la liste de 1834 parmi «4 Peignes de Sauvages de la mer du Sud» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette.
Localisé vers 1978.
Tonga (Iles des Amis).
Trapézoïdal. 17 dents pointues en nervures de feuilles de cocotier, maintenues en haut par un fin tressage bicolore de fibres de cocotier en trois champs. Le haut est coupé droit. Traces de colle sur les dents.
L.: 13,2; larg.: 2,4-5,4 cm.
MEN V.933.
Réf. DECOUVERTE 1972: no 59; DUFF 1969: 54; KAEPPLER 1978a: 211-2. A. Kaeppler en recence 30, de deux formes possibles, recueillis lors des 2e et 3e voyages de Cook et répartis dans 10 institutions. |
| Peigne | *** | Inventaire CDM: [X] 17. 2. Peignes /en bois/ de sauvages des mers du Sud. Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «4 Peignes de Sauvages de la mer du Sud», manque dans celle de 1890.
Etiquette «No X 17. // Peigne des Sauvages / des Mers du Sud.» recouvrant un reste d'étiquette.
Exposé en 1967 (avec d'autres peignes en bois tels que V.928 dont l'attribution n'est nullement garantie) et seul depuis 1978.
Tonga (Iles des Amis).
Trapézoïdal. 21 dents pointues en nervures de feuilles de cocotier -- dont l'une, écrasée, a la pointe cassée sur 2,3 cm -- maintenues en haut par une large bande de fin tressage bicolore de fibres de cocotier. Le haut est coupé droit.
L.: 11,3; larg.: 3,5-6 cm.
MEN V.931.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44; DECOUVERTE 1972: no 59; DUFF 1969: 54, ill. 94; GERMER 1980: 86, cat. 13; KAEPPLER 1978a: 211-2. A. Kaeppler en recense 30, de deux formes possibles, recueillis lors des 2e et 3e voyages de Cook et répartis dans 10 institutions. |
| Peigne | *** | Inventaire CDM: [X] 17. 2. Peignes /en bois/ de sauvages des mers du Sud. Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «4 Peignes de Sauvages de la mer du Sud», manque dans celle de 1890.
Etiquette «No X 17. / Peigne des Sauvages / des mers du Sud.» cachant une étiquette fragmentaire où se déchiffre «[...] inois / No 49.»
Exposé en 1967 (avec d'autres peignes en bois tels que V.928 dont l'attribution n'est nullement garantie).
Tonga (Iles des Amis).
Triangulaire. 15 dents pointues en nervures de feuilles de cocotier, maintenues en haut par une large bande de fin tressage bicolore de fibres de cocotier; les extrémités supérieures sont coupées par la moitié, croisées sur un bâtonnet perpendiculaire et réunies par un enroulement de fibres de cocotier bicolores formant un manche.
Porté exclusivement par les hommes, il était planté dans le chignon pour maintenir leur longue chevelure.
L.: 14,9; larg. à la base: 5,6 cm.
MEN V.932.
Réf. Listé dans MEURON et CENTLIVRES 1965: 44; DECOUVERTE 1972: no 59; GERMER 1980: 86, cat. 12; JACQUEMIN 1992: 56; KAEPPLER 1978a: 211-2. A. Kaeppler en recense 30, de deux formes possibles, recueillis lors des 2e et 3e voyages de Cook et répartis dans 10 institutions. |
| Peigne | *** | Manque dans l'Inventaire, mais pourrait avoir été remis ultérieurement.
Se trouve dans la liste de 1834 parmi «4 Peignes de Sauvages de la mer du Sud» mais n'est pas repérable dans celle de 1890.
Pas d'étiquette.
Localisé vers 1978.
Tonga (Iles des Amis).
Trapézoïdal. 17 dents pointues en nervures de feuilles de cocotier -- dont l'une des externes est cassée sous la ligature -- maintenues en haut par une large bande de fin tressage bicolore de fibres de cocotier.
L.: 14,3; larg.: 3-5,7 cm.
MEN V.934.
Réf. DECOUVERTE 1972: no 59; DUFF 1969: 54, ill. 94; KAEPPLER 1978a: 211-2. A. Kaeppler en recence 30, de deux formes possibles, recueillis lors des 2e et 3e voyages de Cook et répartis dans 10 institutions. |
| Pièce de tapa | *** | Etiquette "X 23 // Etoffe Ota- Iti"
"Provenance Tahiti. Collection Charles de Meuron.
Etoffe d'écorce battue blanche.
XVIIIe siècle.
Réf. dans KAEHR 2000: 224." (M.-C. B.; A.-L. K., 02-03.04.2003) |
| Store | *** | Inventaire CDM: [C] 3. 4. Les mêmes [Feuilles de Talipot] Travaillées, servant de Parasol aux habitans de Ceylan. Manque dans la liste de Louis Coulon de 1834 et dans celle de 1890.
cf. 95.1.2. Une étiquette chacun «No C 3 // Feuille de Tallipot / qui sert de Parasol».
Deux des quatre exemplaires présumés perdus (MEURON et CENTLIVRES 1964: 26) ont été retrouvés en 1978 et sont exposés depuis lors. Ils correspondent vraisemblablement à une partie du contenu du long paquet MDM 81 envoyé du Cap le 23 janvier 1786 (P - dos.30), qui comportait «2 feuilles de talipot naturelles / 2 d.e preparées pour les Noirs / 2 d. enjolivées pr les Européens» mais effectivement reçu de Sri Lanka comme CDM le précise à son frère le 29 janvier 1786 (P - dos.42.II).
Feuilles pliées en accordéon et cousues les unes aux autres; le second store est attaché à une extrémité, en éventail. Les faces supérieures et inférieures sont entrelacées de rubans végétaux de deux couleurs.
«TALLIPOT de Ceylan ou CORYPHE de Malabar, Corypha umbraculifera, Linn.
[...] Arbre de la famille des Palmiers, qui a des rapports avec le latanier & le rondier. [...]
Le tallipot croît au Malabar, dans l'Inde & dans l'Isle de Ceylan, aux endroits pierreux & élevés. Une seule de ses feuilles peut, dit-on, couvrir quinze ou vingt hommes, & les défendre de la pluie. Les Indiens s'en servent pour couvrir leurs maisons, ils en font des tentes dans leurs voyages, des parapluies & des parasols capables de mettre à couvert plusieurs personnes. C'est de ces feuilles que sont composés les livres des Malabares: ils écrivent dessus, en y traçant avec un stylet de fer, des caracteres qui pénétrant leur épiderme supérieur, deviennent ineffaçables.
Les gaînes ou spathes de ces fleurs encore tendres rendent, lorsqu'on les coupe, une liqueur qui séchée & durcie au soleil est un vomitif employé pour faire sortir l'enfant mort, & dont des Indiennes abusent quelquefois pour se procurer l'avortement. Ses fruits sont environ quatorze mois à mûrir, & un seul arbre en produit, selon M. de la Marck, plus de vingt mille: les noyaux de ces fruits se tournent & se polissent pour faire des colliers, qui peints en rouge imitent beaucoup le corail.» (VALMONT DE BOMARE 1791: XIII: 533-5).
«TALLIPOT. Espèce de palmier qui croît à Ceylan et au Malabar, et dont les feuilles sont très-grandes; c'est le palmier talapat (voy. TALAPOIN), corypha umbraculifera, L. Les rachis des feuilles servent à écrire les manuscrits bouddhiques de Ceylan, de Birman, etc.» (LITTRE 1882: IV: 2135). |
| Tuyau de pipe à eau | *** |   |
| Tuyau de pipe à eau | *** |   |
| Tuyau de pipe à eau | *** |   |
| Œuf | *** | Se retrouve dans la liste de 1834 parmi «2 oeufs pleins en quartz ayant des anneaux». Le second spécimen est introuvable. Pas d'étiquette. Localisé en 1980. Inde ? Calcite (renseignement oral de M. Henri Bonnet le 9 janvier 1995) jaune, blanche et violette, avec une petite broche de fixation à virole cannelée et anneau en laiton.
H.: 5,7; diam.: 3,7. |
| Carquois | ** | Se retrouve dans la liste de 1834 sous la désignation «1. Carquois en bois, contenant / 38. Flèches empoisonnées. Et une pointe de Sagayes.» mais n'est pas repérable dans les carnets de 1890. Etiquette «EE 22 // 2 Carquois en bois - avec 12 fleches empoisonnees / des hottentots». Bois avec capuchon et gaine de peau, attaches en cuir. Va avec un certain nombre de flèches. |
| Tableau de pierres fines | ** | Exposé en 1967 et depuis 1978.
Sri Lanka (?). Boîte rectangulaire à couvercle en carton contrecollé de papier rose comportant 48 cases numérotées sur les divisions et occupées par des échantillons en nombre et forme très variables qui ont pu se déplacer et se mélanger. Le couvercle marqué «Oben» porte une étiquette «9.» et une inscription au crayon, un peu effacée «£.14.10».
(voir déterminations de M. Henri Bonnet, La Chaux-de-Fonds, en février 1995. |
| Tableau de pierres fines | ** | Exposé en 1967 et depuis 1978.
Sri Lanka (?). Boîte rectangulaire à couvercle en carton contrecollé de papier vert comportant 48 cases numérotées au fond et occupées par autant d'échantillons ovales et bombés d'environ 22 x 15 mm. Le couvercle porte une étiquette «7.» et une inscription au crayon, un peu effacée «£.11».
(voir déterminations de M. Henri Bonnet, La Chaux-de-Fonds, en février 1995. |
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